Visiter Pétra : récit, ressenti et conseils pratiques

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Quand on pense à un voyage en Jordanie, c’est souvent le nom de Pétra qui apparaît en premier dans nos esprits. Et bien que le pays n’ait – vraiment pas – que cela à offrir, l’endroit reste un incontournable pour un premier voyage en Jordanie.

Visiter Pétra : récit, ressenti et conseils pratiques

Pétra, Jordanie

Visiter Pétra : deux jours de randonnée

Je ne suis pas une énorme fan des ruines et autres vestiges. Honnêtement, bien que l’aspect historique m’intéresse, ces lieux représentent rarement mes coups de coeur en voyage. Je ne déteste pas la chose, et certains endroits valent le détour sans aucun doute. Je pense au Machu Picchu qui m’a émue, entre autres. Mais j’ai aussi un vague souvenir d’avoir trouvé le temps long à Italica…

(C’est peut-être aussi parce que l’amie s’était fait piquer par un truc jaune et noir et qu’elle était en pleine réaction allergique. Au milieu des ruines, c’est une excellente façon de faire paraître le temps exagérément long. M’enfin.)

L’amie avec qui je voyageais cette fois-ci, elle non plus, c’est pas trop son truc. Présentez-lui une poterie et elle s’enfuit en maugréant.

(À peu de choses près).

On se disait donc qu’une journée serait certainement suffisante. Mais au moment d’acheter la Jordan Pass, on s’est dit : Et si? Et si jamais on avait envie d’y être plus longtemps, finalement? Après tout, outre l’idée archéologique, il y a de la belle rando à faire dans le coin, non? On a donc pris la Jordan Pass Explorer (75 JD) qui permet 2 jours d’entrée sur le site.

Et on ne l’a pas regretté!

Pétra, c’est la rencontre de l’Humain et de la Nature. Un travail prodigieux dans décor saisissant. Difficile de réaliser que la cité mythique a été créée au XVIIIe siècle avant J.-C.. Les Édomites étant les instigateurs, ce sont surtout des Nabatéens, qui la feront prospérer 2 siècles plus tard, dont on entendra parler. L’endroit est stratégique, facile à protéger et situé à la jonction des routes des caravanes de l’encens et des épices, atteignant ainsi le commerce avec l’Arabie du Sud, la Syrie, l’Égypte, la Méditerranée… À son apogée, c’est environ 25 000 personnes qui y ont habité. La cité sera abandonnée environ 12 siècles plus tard, à la suite de modifications des routes commerciales et de plusieurs séismes, puis tombera dans l’oubli jusqu’à l’époque moderne où elle sera redécouverte par un explorateur suisse. Pour un résumé de l’histoire plus efficace, je vous invite à aller sur le site de VisitJordan

Visiter Pétra

Premier jour à Pétra

Parties de notre hôtel (nous logions au Elgee Hôtel, qui cadre parfaitement dans la catégorie « j’ai pas de budget, mais j’ai besoin d’un toit », situé à environ 2 kilomètres de l’entrée du site) aux alentours de 6 h 30, nous avons d’abord parcouru les quelques kilomètres séparant l’hébergement de l’entrée de Pétra à la marche. On a vu ça comme un échauffement. Comme on est logées dans la haute-ville (où semblent se trouver les hôtels bon marché) et que l’entrée de la cité se trouve en basse-ville, ça va plutôt bien.

Le Siq

Arrivées dès l’ouverture du site, soit vers les 7 heures, on se dirige à la hâte vers le Siq, ce couloir étroit, long de 1,2 kilomètre, dont les parois abruptes s’élèvent jusqu’à 200 mètres, dans lequel on s’enfonce avec empressement et où on croise moins d’une dizaine d’autres visiteurs matinaux. À son endroit le plus étroit, le siq fait à peine 2 mètres de large. La destination? Le Khazneh, le Trésor.

Pétra, Jordanie Siq

Comme je le disais, je ne voue pas une passion aux sites de ce genre, et je ne suis pas du type facilement émue par ceux-ci. Mais force est de constater que le Siq est parvenu à faire monter en moi une espèce d’excitation émotive. Plus j’avançais, plus ce sentiment s’intensifiait, comme si j’allais découvrir là ce qu’aucun autre humain n’avait encore trouvé, comme si je détenais là un secret grand comme le monde, comme si je jouais d’un privilège que peu d’entre nous avons (bon, si on soustrait les milliers de visiteurs annuels…).

Cet effet sera bien sûr gracieusement estompé au retour, quand nous nous frayerons un chemin au travers la foule, les groupes en visite guidée et les selfiesticks, mais pour l’instant, on est seules au monde et on savoure l’instant.

Ce qui est drôle, c’est qu’en avançant dans le Siq, on finit par développer un toc qui nous amène à nous pencher légèrement du côté du prochain tournant. Comme si ça allait nous permettre de voir plus rapidement le Trésor. Et chaque ondulation du parcours propose son lot d’espérances. Ça y est? C’est là? Non, pas encore, on doit être près.

Un peu comme s’il fallait pouvoir conserver LA FOIS en mémoire toute une vie. Ne pas manquer LE tournant décisif. Poser correctement ses yeux pour la première fois sur l’emblême.

Le Khazneh

Puis, le voilà qui se laisse découvrir, encore dans l’ombre, et dans le quasi silence, sous les yeux d’une demi-douzaine de quidams qui, comme nous, tentent de rammasser leur mâchoire à raz le sol. On a vu les photos mille fois, mais elles n’ont pas su nous offrir toutes les dimensions de l’oeuvre, dont la réunion nous frappe de plein fouet. 

Pour rappel, le truc fait dans les 43 mètres de haut pour une trentaine de large, taillé à même le roc. C’est flou? On parle ici de l’équivalent d’un immeuble d’une dizaine d’étages…

 

C’est grandiose.

Et là, j’ai eu peur que le reste ne soit pas à la hauteur.

Quelle connerie.

Le reste est encore mieux.

Pétra, Jordanie Trésor

Semblerait que le Khazneh s’apprécie encore mieux quand le soleil l’atteint. Toutes ces vues en plongée instagramesques nous incitent à grimper pour profiter de cette vision peu banale.

On s’active, même s’il est difficile de détacher nos yeux de ce qui se tient fièrement devant nous. Il faut faire vite, ne pas manquer l’arrivée du soleil.

(À ce moment-là, frappée d’un dérèglement temporel, on semble croire que le soleil se lève à une vitesse d’enfer… Alors qu’en réalité, on a amplement le temps de se rendre en haut avant que le tombeau ne soit tout ensoleillé.)

On ne propose de monter là, vers la gauche. « C’est plus rapide », qu’on nous dit.

On renchérit : « Vous serez plus tranquilles. »

On nous achève : « Mais faut payer un guide. »

Puis, on prend la droite.

Vers les tombes royales

L’idée est de prendre le sentier qui passe derrière les tombes royales, ou quelque chose comme ça. On sait qu’à moitié à quoi elles sont censées ressembler ces tombes royales. Et on connaît qu’au quart le chemin à emprunter. Un site d’une telle envergure et un prix d’entrée de ce calibre nous font croire que tout sera impeccablement indiqué.

Eh bien non.

Après avoir passé tout droit, puis être revenues sur nos pas, puis avoir encore manqué l’escalier qu’il fallait emprunter, on demande à un charmant bédouin qui passe par là. Il pointe un escalier devant lequel on doit être passées 3 fois en 10 minutes.

C’est par là. Ensuite, c’est facile.

Pétra, Jordanie

Effectivement, le chemin est plutôt simple à suivre… une fois qu’on l’a trouvé! La montée n’est pas de tout repos, mais est, à mon avis, à la portée de tous. Je suis encore courbaturée de notre randonnée dans le Wadi Mujib, mais j’oublie vite ce désagrément : les vues sur Pétra, sur le désert, sur les montagnes, me distraient efficacement.

Pétra, Jordanie

On est tiraillées entre l’envie de monter rapidement pour ne rien manquer du spectacle qui nous attend, et celle de s’arrêter tous les 3 centimètres pour admirer une nouvelle perspective. On choisit de prendre notre temps.

(La réalité : je m’essouffle rapidement, alors je traîne de la patte).

L’idée s’avère bonne, puisqu’on réussit finalement à profiter du sentier ET à arriver au bon moment à sa fin.

Pétra, Jordanie

Le Khazneh vu de haut

Au bout du trajet : une tente bédouine, exactement à l’endroit où je n’aurais, personnellement, pas permis une telle installation. Comme une sorte d’obligation à y entrer, à s’y entâsser avec d’autres touristes, dont certains semblent collés aux premières loges depuis des heures.

Aucune obligation de consommer. Assoyez-vous, profitez du spectable, sympathisez avec les bédouins. Et si l’envie vous prend, sirotez un fanta ou un thé à la menthe.

Oui, mais n’empêche.

N’empêche. Suivant la ligne déjà toute tracée, on se fait engloutir par cette tente. Après avoir eu l’impression d’être seules au monde lors de la montée, il nous est difficile de tolérer cet amas humain. On fait presque la file pour pouvoir s’asseoir un instant au-dessus du vide.

Un bédouin chasse un touriste allemand qui semblait jusque là indélogeable (ce n’était peut-être pas le meilleur endroit où s’installer pour un timelapse).

On s’exécute, comme si c’était la chose à faire. Puis, on quitte. Rapidement.

En revenant sur nos pas, on remarque qu’il est possible de descendre un peu pour profiter d’un point de vue quasi identique. On s’y installe, à nouveau en silence, puis on profite du moment qu’on allonge sans cesse. On prend une petite collation, on bombarde le décor à grands coups de clichés, on a le sourire figé. Il doit se passer une bonne vingtaine de minute avant que quelqu’un d’autre passe par là.

Pétra, Jordanie

Mais hey! Ce n’est pas tout! Il reste tout Pétra à découvrir! Parce que le Trésor, le Kahzneh, ce n’est qu’une toute petite partie, l’introduction, la façade. Et ça, on l’oublie vite.

Juste la cité de Pétra fait plus de 10 kilomètres carrés! De grandes portes, aussi hautes que le Trésor, on en trouve des dizaines. Des tombeaux, oratoires, sanctuaires, creusés dans les parois rocheuses, des plateformes, des escaliers, un théâtre, un centre-ville… C’est énorme. On parle de plusieurs centaines de monuments, répartis un peu partout sur l’immense site.

Vers le théâtre nabatéen

Pour revenir au plancher des dromadaires, il faut prendre le même trajet à l’envers. Même trajet, autre perspective. Le soleil est maintenant plus élevé dans le ciel, les vues s’enchaînent, mais ne se révèlent pas être des copies verso de celles aperçues plus tôt. On a l’impression d’emprunter un tout autre chemin.

Pétra, Jordanie

Un gentil chien-chien se joint à nous. Enjoué, il ne m’inquiète pas plus que ça et je le laisse faire. L’amie, forte d’expériences de voyage peu concluantes impliquant des chiens tunisiens, puis indiens, n’aime pas trop cette nouvelle compagnie. Il aura fallu que pitou s’essaie à lui croquer tendrement le mollet pour qu’on presse le pas. (Seule le pantalon en gardera une cicatrice.)

Croisant une autre tente bédouine, elle demande à ce qu’on nous libère de notre accompagnateur. Ils sont là, 3 ou 4, à appeler la bête pendant qu’on s’empresse de dévaler les escaliers, histoire qu’elle nous oublie.

Heureusement, ça fonctionne.

De retour tout en bas, on se dirige vers le théâtre nabatéen auquel on avait jeté un oeil rapide plus tôt. La structure est impressionnante : entre 3000 et 8500 personnes pouvaient y prendre place.

Haut lieu des sacrifices

De retour au centre, on repasse devantle théâtre, puis on reprend de l’autre côté du site. L’objectif : le haut lieu des sacrifices…

Encore une montée à s’en faire des mollets de béton.

Des groupes de jeunes étudiantes, toutes habillées de vert, le ponctuent. Elles tapent des mains, ricanent et écoutent de la musique avec leur enceinte bluetooth. Sorties scolaires, version jordanienne. Je me souviens, toute petite, aller au musée minéralogique, ou à Québec, en fin d’année. Pour elles, c’est Pétra. Quand même.

Une fois arrivé tout en haut, deux choix : à gauche, le sentier se poursuit; à droite, le haut lieu des sacrifices. On commence par cette dernière direction. La vue qu’on y trouve est inestimable. Encore une fois, rapidement, on se sent loin des foules. On rythme notre trajet de la vitesse d’avancement des groupes d’écolières, tentant de les éviter. Pas qu’elles dérangent (en fait, oui, un peu), mais nous, on a l’impression de fouler de nos pieds un lieu inatteignable; elles, semblent chercher à passer le temps. Une sortie comme une autre pour ces fillettes.

Comme partout, des tentes de bédouins sont installées. On peut s’y arrêter, gratuitement, prendre un thé, discuter, se reposer, admirer le paysage. Bon, après, certains proposent artisanat et autres babioles et poussent l’achat comme étant quasi inévitable. D’autres se contentent de discuter.

À cette tente, il n’y avait personne. Personne sauf cette famille de voyageurs, étendue, somnolante. On s’y arrête un instant, on chuchote, on inspire. On a semé les écolières…

Pétra, Jordanie

Vous les voyez ces devantures de tombeaux tout en bas?

Puis, on reprend notre chemin et, plutôt que de revenir sur nos pas et redescendre immédiatement, on choisit de passer vers la gauche et de suivre ce sentier. On ne connaît ni sa destination ni sa longueur, mais on s’y engage comme si cela allait de soi.

On n’y croise pratiquement aucune âme qui vive durant les quelques heures que durera cette randonnée.

Pétra, Jordanie

Visiter Pétra Jordanie

Après un moment, on s’arrête pour manger, avant de poursuivre dans le but de retrouver le chemin principal. La journée avance, le soleil frappe, nos pieds se fatiguent. Déjà 8 heures qu’on monte, descend, grimpe, contourne. On ne le trouve pas facilement ce chemin. Il ne nous reste presque plus d’eau.

Pétra, Jordanie

Encore ici, vous voyez la grande porte d’une trentaine de mètres juste en face?

Puis retour au point de départ dans une marée de groupes de touristes, le bruit, l’achalandage. Je perds patience et on remonte en ville, à la marche, toujours.


Deuxième jour à Pétra

Alors que le premier matin, il nous importait d’arriver tôt. On l’avait lu un peu partout. Tout le monde le conseillait. Arrivez tôt! Découvrez le Khazneh avant la foule!

Ce conseil vaut de l’or. Et c’est le deuxième matin qu’on a pu en apprécier la portée.

On arrive vers 9 heures et c’est déjà un beau petit bordel dans le Siq… Des chevaux, des charettes, du bruit. Beaucoup de bruit. Des groupes à la queue leu leu, des guides qui tentent de vendre leurs services, passionnémment, intensément.

On fuit rapidement vers le centre après avoir jeté un rapide coup d’oeil, comme un salut obligé, au Khazneh.

Monastère (El Dheir)

On file à toute allure, on déjoue les amas et on s’éloigne vers la piste qui mène au Monastère… Plus de 800 marches inégales taillées dans le roc doivent être franchies pour y arriver. (Ça, c’est une bonne quarantaine d’étages) Je m’arrête de temps en temps, dans les rares parties d’ombre, pour reprendre mon souffle. Le soleil frappe déjà fort, mais je suis d’attaque.

Le monastère ne se livre pas aussi facilement que le Khazneh. D’abord, on l’atteint par le côté, en sueurs, essoufflées. Il est autant, sinon plus impressionnant que le Khazneh, plus grand que le Khazneh, perché dans les montagnes. Il se mérite.

Pétra, Jordanie

Les meilleurs points de vue sur Pétra

On poursuit notre chemin vers les quelques « meilleurs points de vue sur Pétra » sur le désert, sur les montagnes. Chaque meilleur point de vue de tout Pétra a, en effet, une perspective bien à lui à proposer. Chaque meilleur point de vue déroule son propre décor magistral. En peu de mots, tous valent la peine.

De ceux qui se rendent au Monastère, une petite partie choisit d’aller au-delà. On se retrouve, encore une fois, rapidement seules au monde. Suffit de s’éloigner. Quelques dizaines de mètres suffisent toujours à Pétra pour couper le fil qui nous relie au monde réel.

Pétra, Jordanie

Après un arrêt dans une tente bédouine, une discussion amicale avec ses tenanciers et un couple de Fançais en vadrouille fort sympathique, puis un énième petit thé bédouin. Il est temps de revenir sur nos pas, en passant par le Monastère qui se laisse maintenant découvrir sous un autre regard.

Puis, nous redescendons « en ville », pour arriver du bon côté des façades des immenses tombeaux après avoir traversé le « centre-ville » aux allures romaines…

Au fait, l’intérieur des tombes ressemble le plus souvent à ça :

Visiter Pétra Jordanie tombes intérieur

Pétra

Il n’y a pas à dire : Pétra impressionne de tout côté. Le décor, les montagnes, les vues spectaculaires sur les alentours, ses tombeaux sculptés à même le roc, les couleurs, l’immensité et l’histoire d’un lieu surréel…


Quelques irritants, malgré tout

Même si j’ai été émerveillée tout au long de ces deux journées, je ne serais pas honnête si j’évitais de parler de certains irritants.

Indication et entretien

D’abord, j’ai trouvé que le site n’était pas aussi bien entretenu qu’il le devrait, considérant son prix d’entrée élevé. De plus, l’information et les indications des sentiers me semblent limités, compte tenu des besoins, de l’achalandage et du potentiel pédagogique de l’endroit. C’est pas la fin du monde; il est agréable de se perdre dans Pétra, mais quand même.

De petit commerce en petit commerce

J’ai aussi trouvé un peu dommage le nombre très élevé de petits commerces installés de part et d’autres des allées les plus fréquentées, vendant des babioles qu’on retrouve partout, mais c’est surtout la sollicitation intensive de certains vendeurs et vendeuses qui m’a dérangée. Et je dois avouer entretenir un certain malaise face à l’installation de tentes bédouines à des endroits où le décor s’en passerait largement; alors que certains bédouins favorisent les échanges, d’autres ont clairement bien compris le principe du tourisme de masse et s’éloignent visiblement de la tradition. Comprenez bien que je ne suis pas contre l’idée que les bédouins (dont certains habitent le site en permanence) puissent profiter de cette manne touristique. Je persiste toutefois à croire qu’à certains endroits, c’est un peu abusé. Heureusement, ce n’est pas (du tout) comme ça partout sur le site.

Attraction animalière

Mais ce qui m’a le plus contrariée, c’est assurément le traitement de certaines bêtes et l’insistance de certains cavaliers à l’entrée du site. On a vu là des chevaux dont la vigueur laissait de toute évidence à désirer, attendant au gros soleil à barouetter des touristes à la journée longue. Les chameaux ne nous ont pas non plus tous semblé des plus fringants et heureux. Et on ne parlera pas de ces ânes attachés à une ivielle baraque, sans ombre, profitant d’à peine un mètre de corde… Cette réalité a été dénoncée plusieurs fois et des actions ont été entreprises dans les dernières années, semble-t-il, afin de réduire le problème. Malgré tout, il me semble y avoir du chemin à faire de ce côté.

Peu de balises pour les visiteurs

Finalement, on peut aller pratiquement n’importe où sur le site, entrer dans plusieurs tombes, grimper à peu près n’importe où, s’installer où on le veut bien : il y a peu de contraintes pour le visiteur. Et bien que cela puisse être agréable, ce n’est rien pour ralentir la détérioration du site.

Détérioration du site

L’érosion naturelle fait son oeuvre tranquillement, mais l’achalandage élevé auquel on additionne le comportement de certains voyageurs peu respectueux, une gestion des déchets approximative et peu de balises pour les touristes n’aident certainement pas. Le Fonds mondial des monuments a placé Pétra, en 2016, dans sa liste des sites les plus menacés à court terme. Bien que cette même année, l’organisme ait prêté main forte au site et aux décideurs, il reste visiblement du chemin à faire. Par exemple, la transpiration des touristes accélère la détérioration de l’intérieur des tombeaux : est-ce nécessaire que l’on puisse entrer pratiquement partout? Vraiment? Cet article du Mediterranean Archaeology and Archaeometry (vol. 17) traite de la détérioration de Pétra et aborde en début de texte les causes liées au tourisme.

Partout pareil?

C’est partout pareil, vous me direz. Peut-être. Mais n’empêche, ce sont là des éléments qui pourraient certainement être améliorés ou mieux encadrés. Avec tout le financement dont le site jouit et un des prix d’entrée dans les plus élevés au monde pour ce type d’attraction, on pourrait s’attendre à plus de gestion de ce côté. M’enfin, c’est peut-être moi qui en demande trop. Je suis une vieille râleuse, parfois.

Alors, que peut-on faire?

On peut :

  1. éviter de grimper sur les structures sculptées;
  2. rammasser nos déchets;
  3. limiter nos entrées dans les tombeaux;
  4. encouragez l’économie locale (reste que l’argent collecté sur place revient théoriquement aux bédouins, l’idée n’est donc pas d’éviter toute consommation sur le site). Bien que je trouve le nombre de kiosques trop élevé, je comprends l’importance de l’implication de la communauté bédouine;
  5. marcher! Et laisser les pauvres bêtes tranquilles ou, du moins, limiter la surutilisation de leurs forces;
  6. éviter de déranger les animaux en liberté sur le site et ne pas les nourrir;
  7. privilégier les moments de faible achalandage.

Planifier sa visite à Pétra

S’y rendre

Pétra est facile d’accès d’à peu près partout dans le pays. Par exemple, de la capitale, comptez environ 4 heures de route par l’autoroute du désert.

Une fois à Wadi Musa, un taxi jusqu’à l’entrée du site devrait vous coûter environ 2 JOD. Sinon, la plupart des hôtels sont situés à une distance raisonnable du site à la marche (2 kilomètres de plus ou de moins, rendu là!). De plus, renseignez-vous, car plusieurs hôtels de la haute-ville offrent la navette gratuitement.

Se loger

C’est à Wadi Musa qu’on se loge lorsqu’on va à Pétra, ou dans les villages bédouins environnants. J’ai testé le Elgee Hôtel (Mais attention, les lieux sont beaucoup moins bien que ce qu’on nous annonce sur Booking. Reste que le prix est attractif et que l’endroit est correct, sans plus. Une chambre double, avec une salle de bain propre, eau chaude et jolie vue nous a tout de même coûté que 15 JOD/nuit [27 $ CA] à deux).

Coûts

  • L’entrée à Pétra est incluse dans la Jordan Pass.
  • D’ailleurs, celle-ci est rentabilisée dès que vous mettez un orteil sur le célèbre site. Sinon, il en coûte (info 2018) entre 50 et 60 JOD pour y pénétrer (1 jour = 50 JOD, 2 jours = 55 JOD, 3 jours = 60 JOD).
  • Si vous entrez avec la JordanPass, n’oubliez pas votre passeport. Il vous sera demandé.
  • Les enfants de moins de 15 ans entrent gratuitement.

Se nourrir

  • Pour votre visite sur le site, je vous suggère de faire des provisions la veille en ville afin de pouvoir vous nourrir une fois sur le site. Pluisieurs petits commerces vendent des conserves, des pains frais, des fruits et des légumes. Emportez beaucoup d’eau.
  • Sur place, il est possible de vous nourrir sommairement et d’acheter des breuvages et des bouteilles d’eau. C’est évidemment assez coûteux et je vous encourage à diminuer votre consommation de bouteilles de plastique.
  • À votre retour, vous pourrez vous gâter dans l’un des nombreux restaurants de Wadi Musa. J’ai un petit faible pour le Al Wadi, situé en haute-ville, aux abords du rond-point.

Durée

  • 2 jours ne sont pas de trop…
  • Si vous y êtes une seule journée, je vous suggère d’aller voir le Kazhneh, puis de vous rendre en haut en empruntant le chemin derrière les tombes royales, de redescendre, puis de vous rendre au haut lieu des sacrifices.
  • Si vous restez deux jours, je vous suggère, le deuxième jour, de vous rendre au Monastère, le matin.
  • Si vous restez plus de 2 jours, allez vous perdre dans les recoins moins connus de Pétra.

Quand y aller?

Le mieux est d’aller à Pétra entre mars et mai ou entre septembre et novembre. L’avantage du printemps, c’est que les arbres sont en fleurs et en feuilles, c’est très joli, et la température est tolérable. Toutefois, le printemps, c’est la haute saison.

Autres conseils

  • Arrivez dès l’ouverture du site pour avoir le Siq et le trésor à vous seuls, ou presque. Dès que les autocars touristiques arrivent, c’est la folie furieuse dans le Siq et devant le Khazneh. Heureusement, à Pétra, il ne suffit que de marcher une vingtaine de minute pour se croire à nouveau seul au monde… (Les heures d’ouverture varient selon la saison : renseignez-vous avant de partir de votre hôtel!)
  • Protégez-vous du soleil! Vous serez principalement au soleil. Trouver l’ombre n’est pas évident partout à Pétra. Emportez une bonne crème solaire et des vêtements couvrants, mais respirants.
  • Portez de bonnes chaussures de marche : soit on marche dans le sable mélangé à de la roche, soit on grimpe sur du roc inégal et parfois un peu instable.

Vous avez des questions, des commentaires ou un retour d’expérience à partager? N’hésitez pas à me laisser un petit mot ;)


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Éparpillée professionnellement, langagière de métier, étudiante à perpète, géographiquement indépendante, voyageuse et mère X3. Voyages, linguistique et périnatalité teintent mon quotidien.

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