[Lecture] La vie sexuelle des cannibales

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Avouez que le titre vous titille : La vie sexuelle des cannibales. Un récit corrosif de Maarten J, Troost, au coeur des Kiribati. Sans cannibales ni sexe, mettons ça au clair tout de suite.

D’accord, je ne vous mentirai pas: c’est le titre qui m’a fait arracher ce livre de la tablette sur lequel il était posé, relégué à l’extrémité droite, tout en bas. Vous savez, presque directement au sol? Un seul exemplaire, coincé entre deux autres titres sans aucun lien (on s’en doute). C’est avec une espèce de ridicule excitation que je me suis dirigée vers la caisse. Il me fallait ce livre. À moi. Pour le titre. À mi-chemin entre la rigolade et l’énigme : sérieusement? La vie sexuelle des cannibales? Dans la section « récits de voyage »? On n’est pas loin du « title bait ».

La vie sexuelle des cannibales

La vie sexuelle des cannibales, Maarten J. Troost

Et puis, il n’y a pas que le titre. La quatrième de couverture y est aussi pour beaucoup.

Enfin la vraie vie! Sylvia et Maarten s’installent pour deux ans dans un atoll paradisiaque du Pacifique Sud. Mais la réalité les rattrape bien vite. Leur maison est un taudis, l’électricité et l’eau potable manquent cruellement, la mer turquoise se révèle polluée. Sans parler des fonctionnaires tatillons, des voisins aux facultés altérées par l’abus de substances variées… Rien n’est plus drôle que le récit d’un voyage raté. J. Maarten Troost nous révèle avec un humour corrosif l’envers des cartes postales.

J’ai laissé en plan mes lectures du moment pour découvrir de suite à quoi ressemble la vie sexuelle des cannibales. C’est avec grand plaisir que je suis passé d’un couvert à l’autre, malgré la quasi absence de sexe et de cannibales. Les récits de voyage traitant des Kiribati ne courent pas les rues. C’était d’ailleurs la première fois que je lisais sur le sujet. (EDIT : pas longtemps après, je lisais Paradis (avant liquidation) de Julien Blanc-Gras.)

Une écriture un peu corrosive

Trost ne fait pas dans la dentelle. D’ailleurs, ses écrits n’ont pas toujours été bien accueillis (avec raison, sûrement). Mais j’aime ces auteurs qui ne se prennent pas au sérieux, dont le talent pour l’autodérision amène un humour décalé, mais qui réussissent tout de même à relever des faits et qui se plaisent à présenter l’envers de la médaille.

Je pense même que J. Maarten Troost pourrait se rapprocher, dans mon échelle d’appréciation d’écrivains voyageurs, de mon cher Bryson. Quand même! Un agréable mélange d’humour et d’informations historiques, juste comme je les aime…

Si vous aimez l’humour un peu détaché et que Tarawa vous fascine autant que moi (en fait, non, juste vous intéresser aux contrées lointaines et peu connues me semble suffisant pour apprécier le livre), La vie sexuelle des cannibales (lien affilié*) pourrait assurément vous faire passer de bons moments.

Un mot sur l’auteur

Maarten J. Troost, originaire des Pays-Bas, est essayiste et écrivain voyageur. Il a vécu aux Kiribati, au Vanuatu, aux États-Unis ainsi qu’aux îles Fidji. Il est aussi l’auteur de Getting stoned with savages (2006), Headhunters on my doorsteps (2013) et Lost on planet China : One Man’s Attempt to Understand the World’s Most Mystifying Nation (2008).


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About Author

Éparpillée professionnellement, langagière de métier, étudiante à perpète, géographiquement indépendante, voyageuse et mère X3. Voyages, linguistique et périnatalité teintent mon quotidien.

Un commentaire

  1. Pingback: Les Kiribati: Paradis (avant liquidation)

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