Pensées d’un trait une semaine avant le retour

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[Encore un billet écrit d’un trait, un peu brouillon, chaotique, dépourvu de titraille – comme si je m’en foutais un peu – et présentant probablement peu d’intérêt, quoique… M’enfin, vous savez maintenant à quoi vous attendre.]

Mine de rien, on revient dans une toute petite semaine, déjà! Une semaine, c’est encore la moitié du voyage quand tu pars deux semaines. Mais dans nos habitudes, c’est comme si on était sur le pas de la porte. Une semaine, c’est quelques jours à peine, ce sont les derniers milles de nos voyages dont les durées se sont toutes jusqu’à présent calculées en mois.

Ça fait drôle, parce que 7 semaines, cette fois-ci, c’est court. Cette fois-ci, c’est court, mais long. Et comme pour n’importe quelle durée de voyage, qu’on parte 3, 6, 11 mois ou 7 semaines et quart, je commence à entrevoir les joies du retour (oui, les joies) rendue à environ 90 % de la durée du voyage.

Pas que je sois lasse de voyager, pas que je m’impatiente devant le calendrier à compter les jours qui me séparent douloureusement de mes pantoufles. Oh boy, non. Tout comme je me refuse à l’impatience à la vue d’un départ,  je me refuse à la mélancolie du retour. Les départs, comme les retours, je l’ai déjà dit et redit et reredit – et je le redirai encore tant que j’y croirai -, sont désormais d’heureux événements chez nous.

Depuis quelques jours, je me retrouve à penser à tous ces projets que j’ai hâte de poursuivre ou d’entamer. Certains chantiers tolèrent bien la mobilité, d’autres moins. En alternant entre ces périodes mouvementées, instables et celles, plus sédentaires (quoique encore terriblement flexibles et mouvantes), j’arrive à me nourrir de toutes mes passions qui s’entrecroisent.

J’ai bien voulu un jour d’une vie entièrement nomade, mais maintenant qu’elle est à ma portée, je ne l’embrasse pas. Par choix. Mais comme je m’enlise et me sédimente dans la sédentarité, mais que le nomadisme n’arrive pas à lui seul à me désenvaser le cerveau, l’entre deux devient ma potion magique qui me désembourbe et qui me meut dans une vie épanouie en accord avec mes valeurs, mes aspirations et inspirations. J’y reviendrai. J’ai beaucoup à déblatérer, tu sais.

Les enfants, eux, on ne se mentira pas – j’aimerais tant vous dire le contraire, ça serait plus glamour, plus romantique : ah! ces enfants, libres d’attaches qui exultent à la pensée de parcourir le monde, qui se délectent de monuments historiques, de décors enchanteurs, d’exotisme et d’étrangetés, si épanouis et ouverts, goûtant à tout d’une main de maître, en connaissant plus sur les secrets de ce monde qu’un adulte encabané moyen -, eux, en fait, ils bien hâte de rentrer.

Pas qu’ils sont malheureux en voyage, mais leurs cercles d’amis, leurs sorties, les sleep overs, leur espace (au sens figuré, surtout) leur manquent. Des détails qui n’étaient pas là il y a quelques années, lorsqu’ils étaient encore petits, que leur vie tournait essentiellement autour des nôtres. On parle souvent du voyage en famille avec des yeux de nouveaux parents d’enfants en bas âge, parfois unique. On pense moins à cette évolution qu’amène le développement de personnalités uniques, parfois opposées les unes les autres, entraînant dans leur sillage des besoins tout aussi différents.

Bref, ils ne sont pas fâchés de savoir que dans quelques jours, on reprend l’avion. Eux aussi appliquent la règle du 90-10. Le pommier a laissé tomber ses pommes assez près.

En attendant, ils continuent se voguer entre deux eaux, entre l’émerveillement facile du quotidien caractéristique à l’enfance et ce besoin d’affirmation et d’indépendance typique à l’approche de l’adolescence. C’est correct, mais parfois exigeant. Même en voyage.

J’écris, j’écris. Je n’avais pas prévu écrire sur ce sujet. J’avais allumé l’ordinateur, après deux journées silence radio, deux journées à ne rien faire (à ne rien faire d’instagrammable, du moins), je m’en venais écrire sur la page Facebook pour BRIÈVEMENT vous entretenir sur ces journées d’un « long » voyage que l’ont tient sur hold, ces remises à neuf, ces pauses nécessaires…

Je venais aussi pour expliquer pourquoi, 6 semaines après le départ, aucun article n’avait encore été publié sur le blogue. Semblerait que j’avais autre chose à exprimer. Semblerait que vous n’aurez pas de réponse à cette hypothétique question, que vous ne vous êtes probablement jamais posée, au final. Ça, c’est si vous vous êtes rendus jusqu’ici. Si c’est le cas, bravo!

Et puis, je relis, en diagonale, jamais tout droit, ces lignes que je viens de lancer, et je me dis que c’est décousu, à l’image de mes pensées du moment sur ce retour qui approche, sur ce voyage trop court et juste assez long qui s’étale derrière nous. C’est décousu, déficellé et inintéressant. Mais s’avez quoi? Ça restera. J’aurai, au moins, publié un article cet été.

 

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Éparpillée professionnellement, langagière de métier, étudiante à perpète, géographiquement indépendante, voyageuse et mère X3. Voyages, linguistique et périnatalité teintent mon quotidien.

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