Randonnée : 29 kilomètres sur la boucle du mont des Morios et camping au sommet

Ça faisait un temps que je voulais faire une randonnée de ce genre. Jamais je n’avais encore dormi en bivouac au sommet d’une montagne et mes randonnées, bien que de plus en plus fréquentes et difficiles, ne s’étaient jusque là jamais échelonnées sur plus d’une journée. Je me suis donc initiée à la chose sur la grande boucle des Morios, avec une randonnée de 29 kilomètres sur deux jours avec camping en autonomie au sommet.

Ça allait être un 3 en 1 : première nuit en bivouac en montagne, première rando sur plus d’une journée, et deuxième sommet du défi des 5 sommets de Charlevoix.


J’ai réalisé cette randonnée avec l’ami Sam. La plupart des photos de cet article ont d’ailleurs été généreusement fournies par lui. Allez faire un tour du côté de son compte Instagram pour voir ses oeuvres.


Randonnée sur la grande Boucle des Morios

La grande boucle des Morios, partagée sur le territoire de la ZEC des Martres et du territoire libre – secteur Pieds-des-Monts, fait environ 29 kilomètres, est classée niveau difficile/expert et passe par 4 sommets :

  1. mont Morios Nord (avec possibilité d’aller-retour au mont Morios Sud)
  2. mont de la Perdrix
  3. mont du Lièvre
  4. mont du Gros Castor

Pour atteindre le premier sommet (Morios Nord), deux choix s’offre à nous : le sentier de l’Expert vers la gauche et une alternative un peu plus longue, mais plus douce, vers la droite : le sentier du Morios. La montée experte est raide, mais fort agréable – rien d’inatteignable ou de trop technique.

Après avoir passé les 4 sommets, le sentier nous amène tranquillement au stationnement par le sentier des Chutes.

Source : Samuel Cyr, Photographe


Notre expérience

Pour notre part, forts d’une désorganisation sans failles fragile, on est partis plus tard que prévu (14 h 20 du stationnement). Après une ascension agréable, on a décidé de revenir un petit moment sur nos pas sur le sentier du Morios (l’alternative à la montée experte) dans l’espoir d’atteindre la dernière source d’eau indiqué sur la carte (sans succès).

Pour l’anecdote, et parce que ça rend la chose plus dramatique, c’est tout près du premier sommet qu’on s’est rendu compte que j’avais perdu une bonne partie de ma réserve d’eau avant même de quitter le stationnement : 1.5 litre irrémédiablement imbibé dans un tapis de van.

Ce petit détour soldé à sec nous a fait arriver au sommet du Lièvre vers les 18 h 20, après avoir passé un bon moment à nous demander si on s’installait au sommet de la Perdrix (qui était déjà bien occupé, il faut le dire).

L’envie de continuer jusqu’au mont du Gros Castor était bien là, mais la crainte de manquer le coucher de soleil en se retrouvant entre deux sommets au mauvais moment, puis d’arriver sur un sommet déjà bien occupé par d’autres campeurs plus vaillants nous a fait changer d’idée.

On s’est donc dit qu’il valait mieux s’arrêter plus tôt, profiter de la soirée, quitte à s’imposer une plus grosse journée le lendemain (il restait une vingtaine de kilomètres). Comme on avait déjà passé 3 sommets sur 4, on s’est dit qu’un plus grand nombre de kilomètres la deuxième journée n’allait pas nous achever, illusion que la canicule du lendemain nous a délicatement remis en pleine face.

Gracieuseté : Samuel Cyr, Photographe

Le temps d’installer la tente, de cuisiner un bon repas et d’ouvrir la p’tite bière de sommet (vous vous attendiez à quoi, là?), le coucher de soleil était là et il était MAGNIFIQUE. Seuls sur « notre montagne », on a pu profiter d’un ciel coloré sur 360 degrés.

Gracieuseté : Samuel Cyr, Photographe

Gracieuseté : Samuel Cyr, Photographe

Gracieuseté : Samuel Cyr, Photographe

On ne se mentira pas : senblerait que 50 % de l’équipage a quasi bien dormi; l’autre moitié a mal dormi. Sans grande surprise, la nuit au sommet a été fraîche, excédant les capacités thermiques de mon sac de couchage mal choisi malgré mes savants calculs météorologiques de la veille.

N’empêche. Se lever avec cette vue vaut bien son pesant d’insomnie et il n’y a rien qu’un café instant préparé avec une eau douteuse ne peut pas régler.

Après avoir bien déjeuné, rangé la tente et pris largement notre temps, on quitte le sommet aux alentours de 10 h. Direction le mont du Gros Castor.

Je me laisse surprendre par un effort de montée que je n’avais, à tort, pas intégré à ma préparation mentale, le manque de sommeil, d’eau et d’énergie vitale n’aidant pas.

Une fois le sommet du Gros Castor passé, c’est parti pour une longue et lente descente vers le secteur des Chutes, où on peut – enfin! – se ravitailler en eau claire et fraîche. On largue tout ce que contiennent nos gourdes et on repart à neuf. On en profite aussi pour se reposer un brin avant de les derniers kilomères qui nous mèneront jusqu’au stationnement où l’on arrivera silencieux et exténués, mais heureux.

Après s’être rafraîchis dans le lac Boudreault, on engouffre un repas vite préparé avant de repartir sur la route.

Gracieuseté : Samuel Cyr, Photographe


Boucle des Morios  : infos pratiques

  1. Le stationnement est situé au lac Boudreault, où se trouve une toilette sèche.
  2. L’accès est à payer au dépanneur du Lac Brûlé : 10 $ pour une carte annuelle.
  3. Les points d’eau sont indiqués sur la carte, mais selon le moment de l’année, plusieurs peuvent être à sec. Renseignez-vous au dépanneur du Lac Brûlé avant de partir et prévoyez de bonnes réserves.

Planter sa tente au sommet : premier arrivé, premier servi

  1. Il est possible de camper tout au long du trajet, notamment sur l’un des sommets rencontrés. Premier arrivé, premier servi, aucune plateforme, aucun service, aucune réservation requise.
  2. Plusieurs randonneurs.euses se rendent au sommet pour y dormir sans nécessairement faire la grande boucle. Ceux-là dormiront généralement sur l’un des trois premiers sommets, puis reviendront sur leurs pas le lendemain.
  3. Ceux et celles qui font la grande boucle décident souvent de camper dans les alentours du mont du Gros Castor, situé environ à mi-chemin.
  4. Si vous dormez au sommet (et même si vous n’y dormez pas, en fait), pensez à appliquer les principes du sans trace.

Randonnée sur la boucle des Morios : préparation

Sans entrer dans les détails, voici un peu la façon dont je me suis préparée matériellement pour cette rando.

Équipement

  • Sac de randonnée + raincover
  • Tente
  • Tapis de sol (Thermarest Prolite 3/4)
  • Sac de couchage (Chinook +10)*
  • Lampe frontale
  • Batterie externe
  • Cellulaire + fil

*La nuit a été fraîche et si c’était à refaire, j’opterais pour mon sac de couchage 3 saisons de chez MEC.

Alimentation (pour 2)

  • Collations pour 2 jours (barres énergétiques, sacs de noix, etc.)
  • Repas du soir (de bons vieux Sidekicks avec lait en poudre, c’est pas très bon, mais ça fonctionne)
  • Bières de sommet
  • Déjeuner du lendemain : gruau protéiné + café
  • Électrolytes pour eau (j’utilise les Nuum)
  • Réchaud MSR Rocket Pocket 2 + chaudron MSR ceramic
  • Plats pliables Fozzils + Sporks
  • Stéripen (un filtre aurait été une meilleure idée)
  • Hydrapack 2 litres (j’ai celui-là et je l’aime d’amour) + gourdes (3 X 1 l.)

*Nos péripéties d’eau ont fait qu’on a dû rationner. De savants calculs pour faire cuire le gruau le lendemain et une diminution drastique de nos standards de salubrité nous ont permis de rester hydratés jusqu’au secteur des Chutes. La température ressentie frôlant les 762 degrés Celsius, même avec 5 litres d’eau bus chacun pour le deuxième jour, on est arrivés au stationnement avec de légers symptômes de déshydratation qui sont venus à bout de notre patience.

Vêtements

  • 1 kit de randonnée
  • 1 kit pour la nuit
  • 2 paires de bas en mérino
  • 1 coupe-vent/imperméable*
  • 1 doudoune pour la soirée fraîche (je ne jure que par mon Emeline de Löle)

*Que je n’ai pas utilisé.

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Éparpillée professionnelle, langagière de métier, étudiante à perpète, géographiquement indépendante, voyageuse et mère X3. Voyages, linguistique, tourisme brassicole et musique teintent mon quotidien.

6 commentaires

  1. Quelle tristesse, particulièrement cette année, de constater comment les randonneurs ne prennent pas soins de l’environnement alpin fragile. Certaines plantes mettront 100 ans à revivre. Pour la pérennité des sommets, il est essentiel de camper sur une surface durable comme les caps rocheux où le gravier. Jamais sur la végétation.

    Principe Sans trace #2 Utiliser les surfaces durables.

    https://www.sanstrace.ca/principe-utilisez-surfaces-durables

  2. Même chose avec la construction de sculptures de pierre. Ça fait de belles photos, mais nuit à l’environnement.

    • C’est une des choses que je ne peux pas blairer, les gens qui font des inukshuk *pour le plaisir*. Les structures sont là pour s’orienter et en faire peut nuire et à l’environnement, mais aussi à ceux qui s’occupent des lieux (ou y vivent, selon l’endroit). C’est un phénomène que j’ai observé sur tous les continents. Celui sur la photo, aucune idée depuis combien de temps il est là et qui l’a fait.

  3. Patrick, faut quand même pas virer hippie de l’enfer non plus. – Ceci étant, la randonnée semble fort intéressante et chouette à faire.

  4. Pingback: Longue randonnée : 4 jours sur le sentier des Caps de Charlevoix – La Grande Déroute

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