Arrivée peu efficace à Bali

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Je ne sais pas pourquoi (en fait, si, j’ai une petite idée, quand même), mais pour les arrivées dans de nouveaux pays, je suis un peu incompétente. Déçue, désorganisée, fatiguée, malade ou juste rebutée, le premier contact est parfois… meh. En tout cas, notre arrivée de nuit à Bali s’est joliment inscrite dans cette lignée d’arrivées semi-boiteuses en terres inconnues…

Vous souhaiterez peut-être, afin de vous mettre dans le bain, lire sur cette fois où on est arrivés en Nouvelle-Zélande et qu’on a fini par dormir – en famille – dans le stationnement de l’auberge dans notre voiture de location après un vol semi-catastrophique pour cause de manque de lait?

Ou peut-être préférerez-vous y aller avec cette fois où je ne me gérais plus, mais absolument plus du tout, lors de notre arrivée à Taïwan… oui, cette fois où j’ai finalement éclaté en sanglots à la gare devant mes enfants… et beaucoup trop de Taïwanais?

Arrivée de nuit à Bali en famille : semi-efficace

Dans tous les cas, nous voilà en Asie depuis 4 mois (au moment du récit) et, après 5 semaines en Malaisie (dont je vous épargne pour le moment le récit d’arrivée, pas très glamour, elle non plus) voilà le temps de se déplacer vers l’Indonésie. Au départ, on était censés traverser sur Java, y reste un moment, puis rejoindre une amie sur Bali. Pour plusieurs raisons dont je parlerai peut-être plus tard, on a choisi de devancer notre arrivée à Bali.

Départ de Kuala Lumpur : pas plus efficace

Espace de jeux à l'aéroport de Kuala Lumpur

Aéroport de Kuala Lumpur, les enfants s’amusent dans l’espace de jeux super génial (selon eux), on en profite pour boire un café. L’embarquement est annoncé, on s’y rend, on embarque. Première embûche : Air Asia, malgré une réservation de siège au moment du préenregistrement, s’est dit que ça serait comique de nous éparpiller tous les 5 dans l’avion. Je veux bien y aller en sous-groupes, un parent/2 enfants + 1 parent/1 enfant, mais hors de question que le bambin impose seul son existence à un inconnu 4 rangées derrière moi.

On avise l’agente de bord. Pas la première fois qu’on nous la fait. Première fois que c’est fait avec autant de doigté (séparer une famille de 5 en 5, faut le faire), mais bon. « Ah oui? Ah! Tiens! » : c’est à nous de négocier avec les autres passagers. Évidemment, l’avion est plein à craquer, c’est un peu le bordel, il est tard, l’embarquement a commencé un chouia en retard, pis quand tu t’en vas à Bali, ben t’as hâte d’être à Bali, I guess.

Une craque dans l’aéroport?

Bref, on réussit à convaincre tout ce beau monde que leur voyage ne sera certainement pas plus agréable en compagnie de nos charmants enfants si ces derniers ne sont pas eux-mêmes en compagnie de leurs charmants parents. Tout le monde fini par avoir une place, non sans soupirs, on boucle la ceinture, je commence à angoisser (ça rajoute toujours un peu de drama à mes vols), l’avion commence à rouler. S’arrête.

There was an attack at Denpasar airport.

– Une quoi?!

a crack! There is a crack at Denpasar airport.

Une craque. Semble-t-il qu’il y avait une CRAQUE (?) sur la piste d’atterrissage à Denpasar et que l’aéroport devait fermer pour maintenance pour au moins 4 heures. (C’est 89 vols qui seront touchés ce soir-là). Plus tard, j’apprendrai que crack, c’était pour flaking asphalt. Moi, tant que c’est pas attack, ça me va. Ça aurait rajouté à mon drama prédécollage en s’il vous plaît.

On arrive enfin à Bali

Aéroport de Denpasar

Ça, c’est un enfant mort de fatigue qui s’endort sur le sol de l’aéroport de Denpasar devant les bureaux de l’Immigration.

Anyway.  On arrive à Bali avec 4 heures de retard. Douanes, bureau de l’immigration pour un visa on arrival avec possibilité de prolongation (sans ça, c’est ciao bye dans 30 dodos), enfant qui s’endort au milieu des passants, la tête sur son sac.

Après avoir payé 4 fois le prix normal pour un taxi qui nous mènera à Seminyak, on se fait débarquer en face du commerce que notre hôte Airbnb nous avait pointé pour nous orienter.

La maison louée, faut le dire, était située dans un petit regroupement de maisons familiales en retrait de la rue principale. Sur cette dernière, l’agitation, le harcèlement des taxis et des vendeurs, des Australiens su’l party qui pissent dans les buissons; 50 mètres derrière, le calme, les traditions, la famille, le chant du coq. Mais ça, on ne le sait pas encore.

Cherche la maison, cherche!

Seminyak

Ça, c’est le petit chemin en question… de jour!

Donc, trouve le petit chemin menant au compound. Les instructions étaient claires : trouver le petit chemin à côté de tel commerce, marcher jusqu’aux maisons – la nôtre devait avoir deux bancs et une petite table en bois sur la terrasse avant -, faire attention aux chiens, ne pas réveiller les voisins; la clé serait cachée sur le dessus de la boîte électrique. Fastoche.

Installe les enfants – à boutte – sur le perron de la maison (on n’oublie pas qu’il est 3 heures du matin, qu’ils ont vécu 8 heures d’attente à l’aéroport de Kuala Lumpur, deux embarquements, trois passages de sécurité, une attente aux bureaux de l’immigration, un passage aux douanes et un trajet en taxi) et qu’il fait noir comme dans le cul d’un ours.

Pas de bruit, les enfants, OK, on va chercher la clé, c’est une histoire de 2 minutes.

Cherche, cherche, cherche à la douce lueur d’un Iphone. Fais le tour de toutes les maisons, tous les recoins. On finit par se dire qu’on confond peut-être la boîte électrique avec autre chose. Parce que, dans le fond, on n’a jamais vu ça encore une boîte électrique balinaise.

Les enfants s’impatientent. Les parents aussi.

Je tente d’ouvrir la porte avant. La grosse poignée en fer forgé décroche et tombe sur le parquet avec fracas, réveillant d’un coup les chiens qui se mettent à hurler. Je vois déjà ma cote de guest descendre d’une étoile.

Je vous épargne les détails, mais après environ 45 minutes, homme part à l’aventure dans la noirceur du fond de la cour. J’essaie de rassurer N. qui a peur des chiens comme moi des araignées. Si elle se met à pleurer, un voisin finira par se réveiller, c’est assuré. Ils sont habitués aux chiens, mais aux enfants terrorisés au milieu de la nuit, peut-être pas, va savoir.

« C’est pas la bonne. »

Homme revient. « C’est pas la bonne! »

– Pas la bonne quoi?

– Pas la bonne maison! 

La maison où on tente de rentrer depuis bientôt une heure, ce n’est pas LA maison. Gosh… Comment se fait-il que personne ne se soit encore inquiété de notre présence?

Seminyak Airbnb

La « pas bonne » maison… de jour! Une table, deux bancs en bois.

Suis l’homme dans l’arrière-cour. Derrière le premier regroupement de maisons, il y en avait un autre : le nôtre. La maison est là, avec ses deux chaises en bois et la petite table sur le parquet avant. La boîte électrique est située à droite de la porte; dessus se trouve la clé. Fastoche.

Seminyak Airbnb

La voilà…

4 heures du matin, on entre sur la pointe des pieds. Ça craque de partout, la maison est isolée autant qu’une cage à lapin. Les chiens hurlent, on ne voit pas grand-chose. Tant pis, on se faufile jusqu’au deuxième étage, on trouve deux chambres contenant chacun un lit. À ce stade, la tolérance des enfants est probablement restée quelque part pas loin de la poignée en fer forgée. On choisit de séparer les troupes : un parent par chambre. On s’insère dans des lits qu’on n’a pas vraiment vus, dans une maison qu’on n’a pas vraiment inspectée.

On est fatigués, on n’en peut plus.

Les chiens finissent par se taire.

Le coq nous réveillera de son chant une heure plus tard.

Seminyak Airbnb

On rencontrera les voisins que le lendemain matin…


Cette jolie arrivée digne de mon karma de voyageuse à la bourre a été suivie d’une semaine somme toute agréable dans une ville somme toute plus ou moins agréable, ainsi que d’une cohabitation inespérée, créant elle aussi matière à article du type « la fois où je me suis dit que c’était peut-être un peu con, finalement, voyager ».

Dans tous les cas, que reste-t-il de cette microaventure? Que des anecdotes comiques à raconter, comme toujours. Les enfants, 3 ans plus tard, parlent encore de la maison qu’on trouvait pas, t’sais, celle, là, avec les grosses araignées…


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About Author

Éparpillée professionnellement, langagière de métier, étudiante à perpète, géographiquement indépendante, voyageuse et mère X3. Voyages, linguistique et périnatalité teintent mon quotidien.

7 commentaires

  1. Chouette histoire!
    Tu es la championne des arrivées difficiles qui se terminent bien. :-)
    Le coup de la mauvaise maison, c’est vraiment drôle! ;-)

    • Hahah!

      Je ne suis pas la voyageuse la plus planificatrice au monde, je l’avoue! Mais tu sais, je crois que les galères arrivent à tout le monde, sur différents plans. C’est juste que plusieurs ne s’en vantent pas sur leur blogue :P J’aime bien exposer les moins bons côtés du voyage, les galères, les petits moments moins magiques, parce qu’ils existent!

      Au final, ils ne représentent qu’une infime partie de mes voyages. Je te promets que si un jour, on voyage ensemble, je planifierai mieux mes arrivées! :P Ou comme tu dis: laisse-moi arriver et on se rejoint quelques jours plus tard (sage idée!) ;)

      La suite? Je ne pense même pas écrire sur la suite, hahah! C’était bien, sans plus. Bon, peut-être que j’en lâcherai un petit mot ici et là après tout.

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