Pourquoi voyager avec un enfant qui «ne s’en souviendra peut-être même pas»?

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Quand on est voyageur et qu’on décide de fonder une famille, il n’y a pas que les commentaires sur la possibilité (ou l’impossibilité selon certains) de voyager avec des enfants qui fusent, mais aussi ceux sur la pertinence de le faire.

« Ah oui, mais pourquoi ne pas attendre qu’elle ait un âge où elle s’en souviendra? »

Comme si le voyage ne visait que la fabrication de souvenirs. Comme si, en dehors du caractère mnésique, le voyage devenait futile. Comme si partir en voyage avec un enfant qui «risque de ne pas s’en souvenir» équivalait à gaspiller temps et argent. Comme si le parent ne pouvait pas y trouver son compte, lui aussi.

Je vous le dis: cette question, je me la suis fait poser. Pourquoi ne pas attendre quelques années, qu’il s’en souvienne, au moins? Au moins. Au moins, quoi? Comme si c’était un moindre mal, qu’il s’en souvienne. Comme si je le privais, ce petit être, de souvenirs merveilleux, que je lui refusais par mon impatience, par mon désir de ME créer des souvenirs qui l’incluent.

Après être tombée sur le sujet avec quelques amis voyageurs, je me suis rendu compte que je n’étais pas la seule à avoir ressenti une certaine incompréhension.

Voyager avec un enfant qui «ne s’en souviendra peut-être même pas»: pourquoi?

Les souvenirs de la petite enfance

Vous souvenez-vous de ce que vous avez fait à 16 mois, vous? Moi, non. Quel est votre plus vieux souvenir? En avez-vous beaucoup de cette même époque? À partir de quel moment, quel âge, pouvez-vous dire que vos souvenirs d’enfance ne se limitent pas qu’à quelques bribes éparses du quotidien?

Certes, on a peut-être plus tendance à se rappeler les moments forts, les occasions spéciales. Mes souvenirs de ce qu’était ma vie à 5 ans sont flous, mais s’éclaircissent dès qu’on pointe quelques événements précis: les vacances dans le New Hampshire avec ma tante, ma première journée à la maternelle, le déménagement…

Il est aussi assurément plus aisé de se remémorer certains moments particuliers de notre vie parce qu’ils sont généralement mieux documentés – photos, vidéos -, mais aussi parce que la mémoire est plus souvent partagée. Tu te souviens de ces vacances à la plage au Nouveau-Brunswick? Tu avais 8 ans. Ah oui! tiens, voilà les photos… Oh! Je reconnais cet endroit. Oui, c’est là que tu…

Nouveau-Brunswick enfant

Crédit photo: Louis-Olivier Gendreau

Alors, à partir de quel âge l’enfant conserve-t-il des souvenirs?

Plusieurs théories tentent d’expliquer le fonctionnement de la mémoire infantile. La psychologie et la neurobiologie s’y intéressent particulièrement.

Plusieurs soutiennent que les souvenirs d’enfance s’estompent avant l’âge d’environ 3 ans: les capacités linguistiques et cognitives nécessaires pour les traiter et les stocker ne seraient jusqu’alors pas assez développées. Ce ne serait donc qu’à partir de cet âge (d’autres penchent plus vers 2 ans) que des souvenirs pourraient être conservés toute une vie. Ces souvenirs pourraient résister à l’oubli durant quelques années pour ensuite s’effacer.  Une étude américaine propose que ceux enregistrés entre 0 et 3 ans s’évanouissent en moyenne vers l’âge de 8 ans (1). Tout souvenir antérieur ne serait qu’une reconstitution basée sur des récits, des photos, des vidéos.

Des chercheurs canadiens suggèrent plutôt que l’oubli se produit lentement, progressivement, indépendamment de l’âge. Ainsi, les «premiers souvenirs» changeraient avec le temps. Des enfants âgés entre 4 et 13 ans ont été interrogés lors de recherches sur le sujet. Les plus jeunes semblaient avoir des souvenirs plausibles ou réels pouvant aller jusqu’à l’âge de 18 mois. Deux ans plus tard, ces mêmes jeunes ont été interrogés à nouveau: leurs « plus vieux souvenirs » semblaient avoir été remplacés par de plus récents. (2)

Ce ne sont là que deux exemples, mais dans tous les cas, il semble que les souvenirs de la petite enfance soient difficiles à conserver toute une vie. Néanmoins, ces souvenirs, teintés par les sens, les émotions, contribueront à construire l’identité personnelle de l’enfant. Cette mémoire épisodique, reliée à des événements vécus, datés, localisés et remplis d’émotions, aura un impact sur son développement.

Voyage petite enfance

Crédit photo: Pascale Langlois (www.scouich.com)

Est-il futile de voyager avec un enfant qui n’en gardera peut-être aucun souvenir?

Pourquoi s’empêcherait-on de voyager avec un bébé, un enfant, sous prétexte qu’il n’a pas (ou n’aurait pas) les capacités cognitives pour s’en souvenir? À voir l’impressionnante variété commerciale d’expériences proposées aux parents de jeunes enfants, j’ai de la difficulté à ne pas y voir un double discours.

Inscrivez-le à des cours de piscine dès 6 mois pour qu’il s’habitue à l’eau. Visitez un zoo à 1 an: les animaux l’impressionneront. Faîtes-lui goûter une grande variété d’aliments avant 2 ans : il développera le plaisir de manger. Inscrivez-le aux séances d’éveil musical dès 18 mois: c’est bon pour l’acquisition du rythme et de la sensibilité musicale. Lisez, lisez, lisez, parlez, chantez, frappez des mains, favorisez le mouvement, soyez près de lui, permettez-lui de toucher, d’explorer, d’expérimenter. Après tout, il est en plein développement, toutes ces expériences sont essentielles.

Mais tout ça, il ne s’en souviendra pas, ou peu. Peut-être un peu. On ne le sait pas. On le fera quand même. On ne s’empêchera pas d’assister à un concert en plein air avec le bambino qui peine à aligner un pied devant l’autre sous prétexte qu’il ne s’en souviendra pas. On ira au parc, aux jeux d’eau, chez des amis pour «qu’il socialise», on regardera des livres avec lui, on se réjouira des premières poignées de terre portées à sa bouche, on l’inscrira peut-être même aux ateliers d’éveil musical, de développement psychomoteur, et que sais-je encore. On se félicitera de lui permettre d’explorer, de toucher, de goûter, de découvrir… il est en plein développement, après tout!

Et en voyage, on fait quoi? On touche, on goûte, on découvre, on explore, on expérimente. Il y a de l’eau, de la terre, du sable, des textures, de la musique, de la nourriture, de la variété. Nous sommes près d’eux, en tout temps, assurons une certaine découverte du monde qui les entoure, socialisons, apprenons avec eux. Tout ça, alors qu’ils sont en plein développement…

Faut-il voyager pour permettre au bambin de mieux se développer? Non. La question serait plutôt: les voyages peuvent-ils, à leur façon, eux aussi permettre ce développement, cette expérimentation? Assurément. Les expériences vécues par les enfants en bas âges, conservées en mémoire ou non, en contexte de voyage ou non, sont-elles à même de contribuer à son développement? Oui.

Alors pourquoi, si on en a envie, ne pourrions-nous pas choisir de voyager avec ces enfants en plein développement, MÊME s’ils risquent de ne pas s’en souvenir? Et puis, ne pourrions-nous pas être un tantinet égoïstes et choisir de voyager pour nous-mêmes? Comme si, en dehors du caractère mnésique, toute expérience était futile…

voyager avec enfant

Maëva, Nouvelle-Zélande. 16 mois.

Alors, on répond quoi à cette question?

Mais pourquoi voyager avec eux, alors qu’ils ne s’en souviendront pas?

Cher lecteur, peut-être es-tu toi-même un parent-voyageur. Si c’est le cas, je mettrais ma main au feu qu’on t’a déjà posé une question semblable (j’ai raison, dis?).

Peut-être es-tu celui ou celle qui a déjà posé cette question. Soit parce que tu ne piges réellement pas l’intérêt de voyager avec un enfant qui ne s’en souviendra pas (et c’est correct, tu as le droit de trouver ça bête), soit parce que tu t’intéresses aux motivations de ces parents qui ont la bougeotte et ne se gênent pas pour trimbaler un peu partout sur la planète le bambino pas encore solide sur ses pattes.

Peut-être projettes-tu te reproduire et mettre au monde un mini-voyageur que tu as l’intention de trimbaler à gauche et à droite sans égard à son infantile et incertaine mémoire?

Cette petite liste qui suit est inspirée de réponses de parents-voyageurs qui ont «osé gaspiller» un voyage alors que bébé n’avait pas l’âge de mémoire. Toutes ces réflexions se déclinent autant de fois qu’il y a de voyageurs. Il s’agit là de raisons, hors boutique-souvenir, pour lesquelles les parents-voyageurs croient qu’il n’est pas nécessaire d’attendre un certain âge pour voyager avec leurs enfants, d’un point de vue de la mémoire.*

voyager avec enfant

Maëva, 14 mois. Great Ocean Road, Victoria, Australie.

Pourquoi voyager avec un enfant « même s’il ne s’en souviendra pas » ?

1. Pour la proximité. En voyage, les besoins du tout-petit sont naturellement comblés. Proximité, confiance, sécurité. En tout temps, il est près de ses parents et ceux-ci ont le temps d’observer sa progéniture, de répondre à ses besoins, de lui apporter ce contact si nécessaire dans les premiers mois/premières années de vie.

2. Pour le développement des liens familiaux. Vivre intensément, avoir le temps d’apprécier les petits bonheurs de la vie, se permettre de vivre pleinement, de ressentir, d’adapter ses interventions pour le bien-être de tous.

3. Parce qu’on aime voyager. C’est aussi simple que ça. On voyage. On fait des enfants. On continue de voyager. Et ça adonne que les enfants suivent. Point final. On ne fait pas tout, toujours pour eux, mais on les intègre à notre vie, à nos activités, à nos aventures.

4. Pour l’économie. OK, peut-être pas la meilleure raison, mais soyons honnêtes. On est entre nous… on ne se le cachera pas, on est plusieurs à vouloir en profiter avant qu’ils aient deux ans ;)

5. Pour l’expérience. Parce que toute expérience, gardée en mémoire ou non, contribue au développement de l’enfant et que les voyages sont un condensé d’expériences. Pourquoi s’en priver?

Voyager avec un enfant qui ne s'en souviendra pas

Et toi, que penses-tu de ça, voyager avec un enfant même s’il n’en
gardera que peu ou pas de souvenirs?

 

*Je dis « d’un point de vue de la mémoire », parce qu’il y aurait mille autre angles utiles pour aborder la question du voyage avec de jeunes enfants. Dans ce cas-ci, je me suis attardée à la mémoire pour répondre à cette question souvent posée. J’aurais aussi pu aborder la chose d’un point de vue pratique, sécuritaire, etc. Pour une autre fois?

1. « The onset of childhood amnesia in childhood: A prospective investigation of the course and determinants of forgetting of early-life events ». Patricia J. Bauer & Marina Larkina. Memory, Volume 22, Issue 8, 2014. DOI: 10.1080/09658211.2013.854806

2. « Infantile Amnesia Across the Years: A 2-Year Follow-up of Children’s Earliest Memories »
Carole Peterson, Kelly L. Warren, Megan M. Short
Child Development DOI: 10.1111/j.1467-8624.2011.01597

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Éparpillée professionnellement, langagière de métier, géographiquement indépendante, voyageuse et mère X3. Périnatalité, linguistique et voyages teintent mon quotidien.

27 commentaires

  1. L’enfant ne se souviendra effectivement peut-être pas du voyage, mais ces moments partagés avec ses parents, leur disponibilité, leur attention toute particulière, le plaisir, etc… tout ça, l’enfant le ressentira et ça ne peux que l’aider à grandir et à s’épanouir sereinement.

    • Très beau commentaire Lady Milonguera… très vrai. C’est exactement ce que je pense. En voyage ou non, c’est cette présence, ce temps précieux, cette attention particulière que l’enfant va garder « en mémoire ». Le voyage, bien entendu, est un excellent moyen de prioriser cette proximité, ce plaisir d’être ensemble et devient donc un moment privilégié.

      Merci :)

  2. Oh, je peux te dire pourquoi émoticône wink Je me souviens probablement de 1/10e (ha non… moins, même!) de tout ce que j’ai vu alors que j’étais enfant, mais lorsque j’y retourne avec mes yeux d’adulte, j’ai l’impression de revivre un moment qui était caché et enfoui loin loin loin dans ma mémoire. J’ai l’impression de redécouvrir quelque chose que j’ai découvert avec mes yeux naïfs, il y a de cela 15 ou 20 ans. Mais aussi, voyager quand on est un jeune enfant nous insère dès le plus jeune âge cette passion du voyage et cette envie de découvrir le monde. Je trouve ça génial d’avoir su, toute jeune, ce qu’était la pauvreté, ce qu’était la richesse. Par exemple, je me rappelle quand je voyais des hommes et des femmes, au Mexique, dormir dans des huttes de bambou sur des lits de terre. Même à cet âge, j’apprenais à prendre conscience de la chance que j’avais de vivre dans une maison avec un lit confortable, de la nourriture, des amis, une éducation, tout. Je crois que voyager avec ses enfants, c’est leur donner une conscience qu’ils n’auraient pas autrement, et de leur donner la chance de vivre quelque chose qu’ils se rappelleront toute leur vie, même s’ils ne se rappellent pas de chaque détail.

    PS: Très bel article, très belles photos, Bravo Bianca :)

    • Merci Ariane pour ton commentaire!

      Très agréable de lire cette enfant qui a voyagé, désormais devenue adulte, nous livrer ses impressions ;)

  3. Heureusement qu’il y a plein de bonnes raisons de voyager avec un enfant même s’il ne s’en rappelle pas et je suis bien d’accord avec celles que vous énoncez. Et celle qui me parait très importante c’est le lien que l’on va tisser avec son enfant et toutes ses expériences qu’on va lui faire vivre et qui contribue à son développement. Et puis les superbes souvenirs, les parents les ont eux !!! Les expressions de son enfant devant un paysage nouveau ou une expérience singulière, ça n’a pas de prix. Et autre chose, voyager avec un enfant permet aussi de tisser d’autres liens avec les habitants. on en a fait l’expérience la première fois qu’on a voyagé avec notre bébé de 6 mois. Le contact est plus facile. Bref si vous aimez voyager n’hésitez pas à partager cela avec votre enfant car c’est une partie de vous …
    Merci pour cet article optimiste !!!

    • Merci Laura pour ce pertinent commentaire :)

      Je suis d’accord avec tout ce que vous avancez et il est bien vrai que de voyager avec les enfants mène à une approche différente avec les locaux. Je ne l’ai pas inclut dans la liste, car je voulais vraiment me concentrer sur la période « souvenirs incertains » et cet argument touche décidément tous les âges de l’enfance… tout à fait probable qu’on le retrouve dans un prochain article par contre ;)

      Vive l’optimisme :)

  4. Je découvre ton blog et ce superbe article qui me parle beaucoup… pour ma part je n’écoute pas tous ces gens qui critiquent les familles voyageant avec de jeunes enfants… je voyage avec les mieux depuis leur naissance (et beaucoup en plus tu peux voir sur mon blog) et je trouve que comparé aux autres enfants de leur entourage, qui est pourtant un entourage expatrié où les enfants sont très stimulés, ils sont plus curieux, plus intéressé par les choses nouvelles, il n’ont pas peur de bouger, de dormir ailleurs… et ça renforce la famille de passer des voyages comme ça au lieu de mettre le enfants dans un club enfant et se poser à la plage… Après c’est certes plus difficile mais ce n’est pas forcément facile d’être parent…

    • Bienvenue sur le blog Voyagista ;)

      J’ai déjà parcouru le tien par le passé, il me faudrait y retourner et me mettre à jour un peu là.. hihi!

      Je n’écoute évidemment pas non plus ces commentaires… en fait, je les entends, je ne les écoute pas. J’écris principalement pour ceux qui ne se sont pas encore lancés, ceux qui hésitent, ou ceux qui doutent. Les témoignages de parents, comme toi, font à mon sens, définitivement une différence. On ouvre les esprits, on éduque, on ouvre sur quelque chose qu’une certaine vision n’avait peut-être pas encore vu.

      Merci pour ton commentaire, et oui, ce n’est pas forcément facile d’être parent tout court! D’ailleurs, j’ai bien envie d’écrire un truc sur ça aussi… cette vision que de voyager avec un enfant, c’est forcément un casse-tête, une épreuve… alors que!

      • bonne idée… en tout cas ton article m’a donné l’idée d’écrire un de ces jours sur le voyage avec les enfants…. merci…

  5. Nous sommes actuellement en tour du monde avec nos 2 garçons.
    Le plus jeune avait à peine 18 mois
    On a eu de tout
    « On part en tour du monde 18 mois »
    « Génial, mais vous allez faire quoi des enfants? »
    Euh bah comment dire, on a vachement hésités (pas du tout hein pour de vrai) mais les grands parents disent que ça va faire long… Alors bon on les prends!
    Et sinon quand toi t’es dans l’excitation de l’annonce, tu parles des étapes et tout et tout… Et là, on te calme: « enfin tout ça lui Ruben il ne s’en souviendra pas, c’est dommage »
    Les boules!
    Alors je me prépare à l’annoncer à une autre collègue et lui dit cash que oui Ruben s’en souviendra pas! Aussitôt elle m’a répondu « souvenirs peut être pas, mais il va tellement apprendre, voir, découvrir, ça va profondément influencer sa façon de grandir, son caractère etc »
    J’ADORE!!!!

    • Oh! Quelle belle réponse de la collègue! Bravo à elle!

      Je me la fais poser celle-là aussi: « Ah oui, mais vous faites quoi des enfants? ».. je sais pas, je pensais leur laisser de la bouffe et de l’eau et demander au voisin de faire son tour de temps en temps :P

      Merci pour ton commentaire Alice :)

  6. Très bien vu !! Pour nous aussi c’est une évidence de voyager avec notre petit bout ! Quand j’étais enfant, mes parents voyageaient systématiquement sans leurs 3 enfants : non seulement nous étions privés d’eux, mais nous avions ce sentiment d’être des gêneurs en puissance. On a raté plein de belles expériences en famille, c’est vraiment dommage ! Notre fils voyage avec nous depuis sa naissance et c’est vraiment super ! D’ailleurs on part faire le tour d’Amérique du sud cette année … avec lui of course !!
    Pour ceux que ça intéresse : http://voyage-et-liberte.fr, rubrique « Coin de Charles » ou autres ! bises à tous et encore bravo !

    • Oh, c’est dommage d’avoir vécu ces sentiments plus jeunes… mais je suis certaine que c’est ce qui vous amené à réfléchir (et je suis certaine que la réflexion n’a été ni longue ni difficile) à ce que vous, vous désirez transmettre à votre enfant.

      J’irai faire un tour sur votre blog et merci pour ce commentaire sincère :)

  7. Pingback: Fonder une famille et continuer à voyager: possible?

  8. Bonjour !
    Je découvre ton blog et à vrai dire cet article m’a interpelée. Nous voyageons sur le long terme mais nous n’avons pas encore d’enfant, en revanche j’ai été cette enfant qui est partie avec ses parents pendant un an aux Etats-Unis (de 1 à 2 ans).
    Apparemment j’ai dit mes premiers mots là-bas, mais je ne m’en souviens pas. Je me rappelle en revanche que j’ai longtemps été frustrée de ce trou noir (alors que mon frère, un peu plus grand, en a gardé quelques souvenirs) et je me suis demandée pourquoi mes parents n’avaient pas attendu pour partir.

    Et puis plus tard, j’ai compris. J’ai compris qu’on n’attend pas forcément quand des opportunités d’expatriation ou de voyage s’offrent à nous, que les parents ont eu une vie avant nous, que tout ne tourne pas toujours autour de nous comme tu l’as si bien précisé. J’ai compris qu’au-delà des souvenirs qu’il peut rester bien autre chose, une ouverture d’esprit, une curiosité pour l’inconnu, une facilité pour les langues, et j’en passe. Je pense maintenant que c’est un énorme plus pour le développement d’un enfant de voyager le plus tôt possible et je suis sûre que votre petite gardera plein de bonne chose de ses moments sur la route avec vous ! C’est une belle chance !

    A bientôt !
    Véronique a récemment publié… Yunnan, Chine : les théiers millénaires de Jing Mai Shan

    • Wow Véronique! Bienvenue sur le blogue et que dire… j’ADORE ton commentaire :)

      Nous partons dans 3 mois en Asie avec les 3 enfants. Encore hier, mon homme s’est fait demandé : « Ah ouais? Vous partez même s’il ne s’en souviendront pas tous? ». Bien oui! Ce n’est pas parce qu’ils ne se souviendront pas de CE voyage-là que ce sera le dernier voyage de leur non plus, hein…

      Bon, c’est pas tout. J’ai ton blogue à aller découvrir, moi ;)

  9. Sarah Sandra Clavet on

    Salut Bianca! On discutait hier sur le FaceBook de ta page LGD, et ça m’a fait réfléchir. Quand je suis partie en Indonésie, enceinte de ma petite Mimi, je n’ai pas emmené mes garçons. Je n’avais pas les moyens de payer 3 billets d’avion à 1500$. Et je me suis sentie coupable de ne pas les emmener. J’ai failli ne pas y aller. Mais en même temps, je me disais que ça leur ferait du bien de passer du temps avec leur père. La première semaine de mon voyage, j’ai trouvé ça difficile. Je pensais à eux, je m’ennuyais, j’avais de la difficulté à profiter de mon expérience. Puis, j’ai réalisé que je ne suis pas seulement une maman. Je suis aussi une femme et j’étais seule avec mon conjoint, alors autant en profiter. Alors les deux semaines suivantes, j’ai réussi à profiter de mon temps de couple, loin de la routine du quotidien. Ça m’a fait du bien. Sauf que mon rôle de mère (un peu poule… je dois l’avouer) n’était pas loin dans mon coeur et la dernière semaine de voyage a ressemblé à la première. Je pensais beaucoup à mes garçons. J’ai pleuré quelques fois, tellement je m’ennuyais. C’est pour ça que l’année suivante, je me suis dit que je ferais tout pour pouvoir les emmener. J’étais en pleine planifications pour ce voyage d’un mois au Nicaragua quand les grands-parents de mes garçons m’ont dit qu’ils partaient au Pérou pour 6 semaines de fin juillet à début septembre. Je n’ai pas hésité. J’ai pris mes petites économies pour payer un billet à mon plus vieux (mon autre garçon n’aurait pas voulu partir sans sa maman hehe). Mon William est revenu transformé de son expérience. Les jeunes sont comme des éponges. Ils absorbent énormément de connaissances nouvelles en voyage. Il était déjà un garçon mature pour son âge, mais il en est revenu grandi et je l’ai trouvé « plus vieux ». Il a débloqué son espagnol (il le comprenait déjà mais ne le parlait pas), alors il a apprécié les nouvelles capacités de débrouillardise que ça lui a apporté au Nicaragua quelques mois plus tard.

    Bref, j’en aurais (plus) long à dire, mais pour moi, voyager avec mes enfants : le plus souvent possible.

    • Wow, Sarah Sandra! Belle réflexion! Je pense pouvoir comprendre en partie ton feeling lors de ton voyage en Indonésie. Tu as réussi malgré tout à en profiter et, il faut le dire, tes fils étaient avec leur père. ahhh l’Indonésie, ce que j’ai hâte de la découvrir! Ils devaient s’ennuyer de maman après un moment, c’est certain, mais ils devaient être bien pendant ton absence.

      J’aime beaucoup ce que tu raconte de ton fils après le voyage au Pérou!

      Bienvenue sur le blog et au plaisir de te relire :)

  10. Pingback: L'école en voyage - Scouich

  11. Pingback: Faut-il voyager loin avec ses enfants?

  12. Merci pour ce superbe article qui me donne les arguments que je n’arrive pas toujours à formuler quand on me sort régulièrement « pourquoi aller à tel ou tel endroit, alors que ton enfant ne se souviendra de rien ». On reste souvent pantois devant la réaction de certaine personne! Mais je sais que ma fille s’éclate quand on est en vadrouille, déjà parce que nous sommes plus détendus que dans notre cadre quotidien, que notre attention est aussi plus portée vers elle et que c’est une incorrigible petite curieuse et qu’elle nous étonne à chaque fois par son sens de l’observation! Après, je dois avouer qu’elle est aussi très contente de retrouver sa maison, avec son lit, ses jouets, mais je reste persuadée que, même si elle ne se souviendra pas précisément de telle ou telle destination, l’état d’esprit du voyage lui restera!
    Claire a récemment publié… Peut-on continuer à voyager avec un enfant ?

  13. Pingback: Concours Voyager avec des enfants! ⋆ La Grande Déroute

  14. Pingback: Top 5 des articles les plus lus en 2016 et autres infos futiles ⋆ La Grande Déroute

  15. Merci pour cet article, pour nous c’est jamais dans nos enfants et bien d’accord avec vous, nous trouvons aussi que le contact avec les locaux est toujours facilité par les enfants.

  16. Pingback: Voyager avec un bébé : guide pratique pour les jeunes parents

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