Traversée du continent: la préparation et les 300 premiers kilomètres

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Alors, on se met en contexte. 5000 kilomètres à parcourir. 4 adultes (moi, l’homme, la belle-soeur et l’ami) et un enfant. Et un deuxième en construction. Un motorhome. 2 semaines. L’Australie du sud au nord, par l’Outback et le Top End. Melbourne à Darwin, avec une boucle de quelques 500 kilomètres à l’est de Katherine et un crochet (un autre 500 kilomètres) à l’ouest d’Alice Spring. Nous sommes en Australie depuis plus de 6 mois déjà, décidément excités à l’idée de découvrir l’intérieur des terres. Traverser le continent australien était un rêve.

Planification de la traversée de l’outback en motorhome

Traverser l'outback: trajet

Pourquoi une si courte durée?

D’abord, parce que c’est pas jojo sur le porte-monnaie. Se déplacer est quand même un chouia dispendieux (le prix du diesel dans l’outback, ça peut être ouf). Louer un véhicule pour déplacer 4 adultes et un enfant limite un peu nos choix. La plupart des campings sont plutôt coûteux, rareté de vie humaine oblige sur certains tronçons. Donc, oui, nous aurions bien aimé étaler ce trajet sur une plus longue période, mais nos finances ont leurs limites. Avoir accès à cette partie de l’Australie est suffisant pour nous rendre fous de joie.

Ensuite, l’ami venu nous rendre visite devant monter à bord de l’avion le conduisant au Canada le 5 mai, la limite intelligente pour revenir de Darwin devenait le 4. Et même si nous avions voulu débuter le voyage plus tôt (ce que nous avons tenté à force de recherches, appels, recherches et déceptions), absolument aucun véhicule, toutes classes confondues, n’était libre avant le 19. Soit, ce devait être un voyage court et intense. On fait avec ce que l’on a.

Épinglez pour plus tard!
Traversée de l'outback de Melbourne à Darwin Australie

Pourquoi en motorhome?

C’est que, en termes de solutions transport-hébergement, dans l’outback, il n’y a pas 36 solutions (en fait, il y en a probablement 36, mais peu étaient applicables à notre situation). En excluant les opportunités de voyage organisés, l’auto-stop, la traversée en vélo et autres solutions ne se prêtant guère à nos limitations temps/argent/équipage/bébé/femme enceinte, nous avons réfléchi à quelques options…

La voiture + hôtel

Les offres d’hébergements existent tout au long de la Stuart Highway, mais croyez-moi, le choix est loin d’être époustouflant dès lors qu’on s’enfonce un tant soit peu. Si on prévoit dévier de la grande route (disons qu’on troque la voiture pour un 4X4), alors là, c’est foutu. Vous n’aurez aucune difficulté à trouver une auberge de jeunesse près des Ayers Rock, Kings Canyon, Darwin et Alice Spring de ce monde, mais dans des endroits comme Barrow Creek (population : 11), la variété laisse à désirer. La voiture nous semblait plus ou moins intéressante à 5 passagers et prévoir nos déplacements au rythme des (parfois rares) offres d’hébergement, bof…

Barrow Creek Hotel

Voiture + Camping

Ce qui implique d’avoir un foutu bon équipement de camping, de bonnes réserves d’eau, et qu’il faut trouver des emplacements de camping d’une façon comme d’une autre (reste toujours les bords de route, mais sincèrement… ça reste une autoroute). Ensuite : OÙ dormir? Il n’y a RIEN, à peine des arbres. Puis, pour emprunter les « routes secondaires », il faut posséder un 4X4, avoir de l’expérience (pas absolument, mais c’est un atout certain), avoir tout plein de temps devant soi, etc.

Il faut surtout savoir OÙ  l’on compte se rendre. Néanmoins, nous aimons beaucoup cette option, surtout depuis que nous sommes parents. Liberté de déplacement totale, tout en gardant un tout petit budget, dormir à l’extérieur, manger n’importe où : super. Ce fut d’ailleurs notre solution pour la Nouvelle-Zélande. Mais cette fois-ci, j’avoue avoir redouté un peu l’organisation que cela nous demanderait. Mieux équipés, mieux préparés, et avec un chouia plus de temps, peut-être… un jour…

4X4

Pourquoi pas? Bon, d’abord, nous n’en possédons pas (trop pratique à Melbourne, vraiment). Ensuite, c’est cher à la location, et les assurances obligatoires, je vous dis pas. Ensuite, des problèmes concernant la logistique siège de bébé/nombre d’adultes/espace suffisant pour les réserves de nourriture et d’eau nous ont rapidement découragé.

Et puis, le temps… nous n’avions absolument pas le temps de s’enfoncer dans le désert encore plus que nous allions déjà l’être. Alors pourquoi s’encombrer, dormir dans une tente (je déteste pas faire du camping, quand les conditions s’y prêtent un tant soit peu, et que cela apporte réellement un plus au voyage, ce qui n’était pas le cas pour cette fois-ci)? Et puis, il y a la bedaine qui ne rafole pas des routes caboteuses. Très intéressant, mais pour une autre fois! Puis, nous avions déjà, en Bolivie, expérimenté la vie en 4X4.

La conduite dans l’Outback en 4X4 (source: www.australie-australie.com)

Campervan

En couple, sans enfants, c’est LA solution que nous aurions choisie. Plutôt économique (l’assurance Full Cover n’est pas une mauvaise idée, puisque les conditions sont toutes prêtes et parfaites pour vous fournir en pépins de toutes sortes au milieu de nulle part), moins complexe à entretenir que le motorhome. Possibilité de se faire à manger et de dormir à bord. Vraiment, c’est génial.

Toutefois, à 4 adultes, c’est serré, mais pas impossible (selon les campers), et avec un enfant, c’est complexe au niveau du placement d’un dispositif de retenue. Il existe une panoplie de modèles de campervan. Rien qui nous convenait n’était disponible à ce moment, malheureusement. Donc, campervan : superbe option, mais pas pour cette fois-ci.

Voiture + Roulotte

Bonne option. Pas SI chère (mais tout de même plus qu’un camper). Possibilité de faire à manger et de dormir. On laisse la roulotte au camping, et on prend la voiture pour se balader (ce qui n’arrive pas si fréquemment, la plupart des endroits ne servant qu’à dormir quelque part entre deux nulle part). Mais tant qu’à ça, pourquoi ne pas aller voir du côté d’un motorhome?

Motorhome

Une maison sur roue, voilà ce qu’il nous fallait. Il ne reste qu’à trouver un camping (ou un lieu sûr où se stationner pour la nuit). Réfrigérateur et toilette en cas de « les prochaines WC sont dans 358 kilomètres/envie de trop pressante ». On arrête sur le bord de la route, on se fait à manger et on repart, aussitôt dit aussitôt fait. Air climatisé (moi qui n’est vraiment pas pro air-climatisée, je dois avouer que durant ces deux semaines, je suis TRÈS reconnaissante de l’avoir eu, ne serait-ce que pour la petite qui n’a pas un jour demandé à cuire dans l’outback). Confort, sécurité, facilité d’entretien : tout y était.

Et puis, c’était pour nous, une nouvelle façon de voyager. Le pouce, le bateau, l’autobus de luxe, le vieux bus déglingué, la voiture de location, le camping rudimentaire, la hutte dans la jungle, etc. Pourquoi ne pas essayer un nouveau mode d’hébergement ET de déplacement en même temps? D’autant que plus il y aura d’enfants nous accompagnant dans nos aventures, plus nous devrons penser à des moyens de déplacements (ET d’hébergement) de plus en plus efficaces et économiques pour la famille entière. C’était une belle occasion de tester le motorhome, me suis-je dit!

(source: www.drivenow.com.au)

L’avion

Bien sûr, il reste l’avion, qui ne fait que nous mener directement dans le Red Center (Alice Springs). Sautiller de Uluru à Darwin et manquer toutes les richesses des longues routes quasi-inhabitées, non merci. Ce serait pour moi passer à côté de l’essence (sans même la frôler) de l’outback. Et puis, il y a les tours organisés qui sont de plus en plus présents : camping, autobus, etc. L’offre est bien menée, mais non merci. Le motorhome, pour cette fois-ci, nous semblait l’option la plus pertinente.

Pourquoi l’Outback?

Parce que l’outback, ça recouvre 80 % du territoire australien, et qu’environ le même pourcentage de la population australienne n’y a jamais mis le pied. Le bush, l’outback, le désert, le Top End sont une grosse partie de nos représentations de l’Australie. Ce n’est que là qu’on peut se rendre compte réellement de l’ampleur de ce continent. C’est loin, c’est vaste, c’est unique, c’est retiré, c’est en grande partie inexploré. Je m’en serais voulu de manquer ça.

(source: adventure.nationalgeographic.com)

L’engin

Voilà donc la bête. Loué à la base avec Britz, notre motorhome n’étant pas prêt à temps, on nous a refilé l’équivalent dans le Maui, ce qui en soit, est un upgrade. On nous a dit qu’ils étaient sur le point d’enlever les logos, et d’appliquer ceux de Britz. Donc, d’un Britz Frontier, on se retrouve avec un Maui Spirit 6, qui allait être loué dans l’avenir comme étant un Britz. Or, si vous louez un Maui Spirit 6 chez Maui, il vous en coûtera près de 1000 $ dollars de plus pour une période équivalente à la nôtre… Vous voyez où je veux en venir?

Traverser l'outback australien

 * Les modèles, les noms et les offres ont sensiblement changé depuis 2010 chez Britz et Maui.

La « salle de bain » (une toilette, une douche, une vanité et un lavabo… tout ça, devant vos yeux, en l’espace de 4 pieds carrés) a été pratique, mais s’est avéré non-essentielle (i.e. a été utilisée environ 3 fois).

Traverser l'outback australien

Traverser l'outback australien

C’est un départ!

horsham

Le premier soir, nous nous sommes rendus à Horsham. Aucune photo, rien à dire. Le but était de se rendre le plus près de la frontière du South Australia avant la nuit, tout en s’arrêtant avant de sortir du Victoria, histoire de cuire nos denrées qui ne passeraient pas les restrictions inter-états. Nous nous sommes arrêtés en chemin à Ballarat, ancienne ville de la ruée vers l’or, avons cuisiné notre premier repas dans un stationnement du centre-ville, puis avons filé nous établir à Horsham pour la nuit.

 Nous nous dirigeons ensuite vers les Adelaïde Hills :

-> Hahndorf: Un peu d’Allemagne en Australie méridionale

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Éparpillée professionnellement, langagière de métier, géographiquement indépendante, voyageuse et mère X3. Périnatalité, linguistique et voyages teintent mon quotidien.

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