Que faire de sa maison ou de son appartement lors d’un long séjour à l’étranger?

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Tôt ou tard, quand on planifie un long séjour à l’étranger, une question se pose : Que fait-on avec la maison ou l’appartement durant un long voyage? Car, à part si on est fulltimer ou nomade à temps plein, il y a quatre murs et un toit auxquels il faudra penser.

Que faire de sa maison lors d’un long voyage?

Alors que pour un voyage de 2 ou 3 semaines, la question ne se pose souvent pas, il serait impensable de partir pour un voyage au long cours sans buter sur le traitement qui sera réservé à la maison. Partir 6 mois, 1 an sans réfléchir à ce que l’on fera de la maison est presque impossible. Pour certains, c’est même, en partie, un frein au voyage.

Heureusement, plusieurs options intéressantes s’offrent au voyageur au long cours, et chacune d’elles répond à des besoins différents. Parmi celles-ci :

  • Ne rien faire
  • Vendre sa maison (ou résilier son bail), partir en voyage, s’organiser après
  • Louer sa maison (ou sous-louer), son condo, son appartement et retirer un revenu de la location
  • Opter pour l’économie de partage et la location entre particuliers
  • Accueillir des homesitters ou des petsitters
  • Profiter de l’échange de maisons
  • Faire appel à une agence de gestion locative

En plus de ça, il faudra aussi penser, selon les cas :

  • à vos assurances habitation;
  • à vos assurances biens;
  • au réacheminement du courrier;
  • à l’entreposage de vos biens;
  • à l’entretien de la maison durant votre absence;
  • à la préparation de la maison (pour un inoccupation ou une location);
  • etc.

Épinglez cet article pour plus tard!
Que faire de sa maison durant un long voyage?

Option #1 : Ne rien faire

Partir. Et payer. Si cela représente un avantage du point de vue organisation, il faudra, en contrepartie, inclure le montant du loyer dans le budget voyage (à moins que la maison soit déjà complètement payée?). À part quelques démarches auprès des assureurs, ce n’est pas très compliqué.

Mais puisqu’une maison vide est sujette au vol et aux sinistres, les assurances habitation, se basant généralement sur le fait que vous occupez la maison, ont parfois des exigences en ce qui a trait à son occupation. Certains assureurs exigeront un minimum de présence; par exemple, d’une personne de confiance qui ira faire son tour à intervalles réguliers. D’autres augmenteront la prime, etc.

En plus de gérer les assurances, il faut penser à préparer la maison pour un longue inoccupation et à organiser son entretien durant votre absence.

Il faut faudra donc, en gros :

  • Planifier votre budget en conséquence d’un paiement de maison ou de loyer.
  • Préparer la maison (couper l’eau, débrancher les appareils électriques, etc.).
  • Trouver une personne de confiance qui pourra venir vérifier que tout va bien, rammasser le courrier, arroser les plantes, déneiger l’entrée, etc.
  • Avertir votre fournisseur d’assurance-habitation de votre absence.
  • Ou si vous êtes locataire, aviser votre propriétaire aussi!

Le site de CAA Québec offre un Aide-mémoire pour sécuriser la maison lors d’une absence prolongée.

Option #2 : Vendre la maison ou résilier le bail

Vous êtes propriétaire? Vous pourriez décider de tout vendre, d’entreposer ce que vous désirez conserver, et de vous organiser à nouveau à votre retour. Rien à s’occuper, rien à payer dans le vide, mais beaucoup de sacrifices et d’organisation au retour. Idéal pour très longs séjours sans date de retour. Peut-être pas l’idéal pour ceux qui angoissent à l’idée de revenir et de ne pas avoir de toit.

Vous êtes locataires? Vous pourriez alors choisir de résilier votre bail, d’entreposer vos choses (ou de vendre), et de vous organiser à nouveau au retour. Nettement plus simple que la vente, cette option prescrit tout de même une certaine gestion. Il faut savoir que la résiliation d’un bail n’est pas toujours évidente; dans ces cas, la sous-location ou la cession e bail deviennent des options à considérer.

Vous hésitez entre tout plaquer ou conserver votre demeure? Lors de votre réflexion, pensez non seulement au travail que cela demandera avant le voyage :

  • mise en vente
  • gestion des transactions
  • démarches auprès du locateurs
  • entreposage ou vente des biens
  • etc.

…mais envisagez aussi ce que cela impliquera au retour :

  • Est-il en général aisé de se trouver un logement dans votre coin?
  • Désirez-vous habiter le même quartier ou la mobilité ne vous effraie pas?
  • Où logerez-vous à votre retour en attendant de vous réinstaller quelque part?
  • Combien vous en coûtera-t-il pour entreposer vos choses?

Option #3 : Louer ou sous-louer sa maison, son condo, son appartement

L’option de la location (ou de la sous-location) peut être intéressante, car elle permet d’obtenir des revenus, en plus de ne pas laisser votre résidence vide et de pouvoir la réintégrer au retour.

Dans les deux cas, il peut s’avérer fort utile – voire indispensable – d’avoir une personne fiable de référence sur place; certaines choses sont plus difficiles à régler à distance et on n’est jamais à l’abri des pépins en cours de route.

Il est possible de louer une maison ou un appartement vide ou entièrement meublé et équipé. Il vous faudra donc réfléchir à ce qui sera inclus dans la location : meubles, électros, serviettes, assiettes, alouette?  À vous de voir avec quoi vous êtes à l’aise.

Il sera aussi sage d’aviser vos assureurs, qui demanderont parfois une preuve que vos locataires possèdent leurs propres assurances. Certains assureurs ajustent la prime, mais c’est très variable. Mieux vaut les contacter pour en avoir le coeur net et connaître leurs conditions.

Afin de bien préparer votre location ou votre sous-location, réfléchissez à toutes sortes de scénarios :

  • La machine à laver rend l’âme durant votre absence : qui se chargera d’en commander une nouvelle?
  • Un problème de plomberie survient : à qui revient la tâche d’engager un plombier? Qui ira effectuer la réparation? Qui paiera?
  • Vous devez revenir plus tôt (vous tombez malade, devez être rapatrié, un proche décède, etc.) : qu’en est-il de vos locataires? Où logerez-vous au retour? Pensez-y lorsque vous rédigerez le contrat de location.
  • etc.

En gros, pour louer ou sous-louer, vous devrez :

  • Annoncer votre offre de location.
  • Vous renseigner à la Régie du logement et faire les démarches légales (bail, etc.).
  • Faire les démarches auprès de votre locateur si vous êtes locataire.
  • Sélectionner des locataires fiables (mon conseil : soyez sélectif!)
  • Déterminer qui s’occupera de l’entretien et des urgences, qui sera le contact sur place.
  • Préparer la maison.

Vous êtes propriétaire? Dans le cas d’une location, il existe un contrat de location où vous pouvez inscrire les termes et conditions de la location. Vous le faites en votre propre nom.

  • Revenu Québec décrit sur cette page les implications financières de la location de sa résidence principale.
  • Certaines responsabilités et obligations (Régie du logement) viennent avec le titre de locateur (entretien, répondre aux urgences, etc.).
  • Le bail peut être trouvé dans les pharmacies et dépanneurs assez facilement.

Vous êtes locataire? Dans le cas d’une sous-location, les démarches diffèrent un peu. Après avoir trouvé des sous-locateurs, il faudra avertir le propriétaire. Ce dernier aura 10 jours à partir de la date de réception de l’avis de sous-location pour refuser. S’il ne répond pas ou s’il dépasse ce délai, il est réputé accepter. D’ailleurs, il ne peut refuser une sous-location que pour des motifs sérieux. Il est toutefois en droit d’exiger qu’une enquête de crédit (à vos frais) soit menée.

Option #4 : Opter pour la location entre particuliers (Airbnb et cie)

De plus en plus populaires, les sites de location entre particuliers offrent une avenue prometteuse. Il est alors possible de louer son logis, meublé et équipé pour de plus ou moins longues périodes : une nuit, un weekend, à la semaine, au mois.

Durant votre séjour, plusieurs personnes pourraient ainsi être de passage chez vous. Encore une fois, une personne de confiance pour vous aider à la gestion des voyageurs de passage et voir à ce que tout se déroule bien semble être une nécessité. C’est un peu de travail, rien n’est assuré, mais les revenus que cela peut apporter peuvent devenir vite intéressants sur un budget voyage.

La chose exige un peu de travail de votre part, il vous faudra :

  • Rédiger une annonce et en faire la promotion.
  • S’occuper des communications avec les potentiels invités.
  • Mandater quelqu’un pour les remises de clés, les urgences, etc.
  • Préparer votre résidence pour les voyageurs temporaires.
  • Vous renseigner sur vos droits et obligations.
  • Etc.

Toutefois, en 2016, Tourisme Québec s’est mis le nez dans l’économie de partage et la nouvelle loi sur l’hébergement au Québec a voulu d’encadrer la location entre particuliers et se garde bien d’être claire et concise. Ainsi, si vous désirez utiliser ce type de plateforme en toute légalité, renseignez-vous.

Plusieurs plateformes existent. Parmi les plus connues :

Option #5 : Choisir le homesitting ou petsitting

Vous n’avez pas besoin d’obtenir des revenus d’une sous-location ou d’une location, mais l’idée de laisser votre maison vide ne vous enchante pas? Vous avez besoin de quelqu’un qui veille à la sécurité des biens, à votre jardin, vos fleurs, etc.? Vous avez des animaux de compagnie et n’avez pas envie de les déraciner, désirez les savoir bien accompagnés? Le homesitting (ou house sitting) ou petsitting peut être une avenue intéressante pour vous.

On appelle house sitting (ou home sitting) le fait de « garder » la maison de quelqu’un. Cela permet, pour le voyageur, d’obtenir le gîte gratuitement en échange de l’occupation et de l’entretien de votre maison. C’est un échange de services : vous lui laissez habiter chez vous et, en échange, il remplit certaines tâches. Vous pouvez mettre vos conditions quant au type de locataires recherché, ce qui doit être entretenu, etc.

Quand des animaux de compagnie font partie de l’échange, on utilise souvent l’appelation  pet sitting. Or, dans tous les cas, il est fréquent que la garde d’animaux soit impliquée dans les annonces de homesitting. Quelqu’un viendra donc chez vous s’occuper de votre maison… et, si vous en avez, de vos animaux.

Parce que partir loin et longtemps quand on a des animaux de compagnie peut parfois devenir complexe et, à moins de les emmener en voyage comme l’ont fait X et Y, il faudra voir à ce que quelqu’un en prenne soin.

  • Alex, de Vizéo, en parle ICI.
  • Max et Alizée de Détour Local l’ont fait au Québec et expliquent bien dans cet article que le concept n’est encore que très peu connu ici.

Plusieurs réseaux de homesitting/petsitting existent, en voici quelques uns :

Option #6 : Profiter de l’échange de maison

Un « deux en un » : quelqu’un vit dans votre maison, pendant que vous vivez dans la sienne. Vous continuez à payer vos mensualités, mais en revanche, l’hébergement à l’étranger ne vous coûte rien. Idéal pour le slow travel, ceux qui aiment rester longtemps au même endroit. Il y a une multitude d’opportunités, de la campagne au centre-ville, du chalet en bois rond à la villa balinaise. Par ailleurs, l’échange de maisons peut parfois s’apparenter à du homesitting ou petsitting réciproque.

Pour vous préparer à un échange de maisons, il vous faudra :

  • Rédiger et afficher votre offre (par exemple, sur Troc Maison).
  • Communiquer avec les potentiels échangeurs, définir les termes de l’échange (voiture ou pas? animaux ou pas?).
  • Préparer votre maison pour vos échangeurs (dépersonnaliser, nettoyer, etc.).
  • Aviser vos assureurs.
  • Trouver une personne de confiance sur place pour les urgences et autres choses impossibles à gérer à distance.

Plusieurs réseaux d’échanges de maison existent, mais j’avoue avoir un gros faible pour Trocmaison.

Option #7 : La gestion locative de votre appartement ou de votre maison

Louer votre appartement ou votre maison vous intéresse, mais vous n’avez pas envie de gérer la chose? Je vous comprends un peu pour avoir géré « la chose » à 5 reprises. Pourquoi ne pas confier cette tâche à des professionnels en gestion locative? Certaines organisations se spécialisent justement dans la gestion locative temporaire d’appartements meublés. Un beau moyen de financer une année sabbatique, sans (trop) se compliquer la vie.

Les entreprises offrant ce service semblent bien populaires en Europe, mais un peu moins courants au Québec.

La gestion de la maison durant un long voyage ne se limite pas à la vendre, la louer ou la prêter

Entreposer vos biens et les assurer durant une longue absence

Dans le cas où vous décideriez de louer un logement vide, de vendre votre maison ou résilier votre bail avant de partir en voyage, il faudra alors penser au déménagement et à l’entreposage de vos biens (à moins que vous ne choisissiez de tout larguer, mais comme je parle dans cet article de voyages au long cours et non de vie nomade, j’ose penser que la plupart d’entre vous considérez conserver vos meubles).

Si vous choisissez de vider la maison avant la location ou optez pour un entreposage sélectif (c’est à dire que vous ne videz pas la maison, mais entreposez certains objets de valeurs que vous ne désirez pas laisser en location), réfléchissez à l’endroit où vous entreposerez vos biens : chez un ami, dans une résidence secondaire, dans un centre d’entreposage, un mini-entrepôt? Dans tous les cas, cela aura un impact sur votre assurance-biens et il vous faudra aviser votre assureur.

  • ClicAssure en parle ICI.

On fait quoi du courrier, maintenant?

À moins d’avoir un voisin ou un ami de confiance qui accepte de venir chercher votre courrier régulièrement et de vous informer de son contenu durant votre longue absence, vous pourriez préférer faire rediriger votre courrier. Poste Canada offre le service de réacheminement temporaire du courrier et il est possible d’en connaître les coûts sur leur site.

Sachez par contre que, si comme nous, une compagnie est établie à votre adresse, vos devrez – pour le même service – débourser pratiquement le triple (oui, oui, que vous gériez une multinationale ou que votre toute petite compagnie reçoit une seule lettre par semaine).

Dans tous les cas, pensez à l’endroit où vous désirez rediriger votre courrier : désirez-vous le faire retenir, simplement, ou qu’il arrive chez un membre de la famille, un ami? Pensez au fait que pendant un long voyage, il se peut que vous receviez du courrier qui demande un certain traitement de votre part.

 

Et vous, quelle a été votre solution parfaite durant un long voyage?

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Éparpillée professionnellement, langagière de métier, géographiquement indépendante, voyageuse et mère X3. Périnatalité, linguistique et voyages teintent mon quotidien.

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