Et si on partait en Europe?

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Je revenais d’un stage linguistique d’un mois en Espagne (dans le cadre d’études en langues et traduction) quand j’ai rencontré mon homme. J’avais décidé que je passerais mon tour pour le stage suivant, en Allemagne. Pas pour moi les trucs en groupe et surtout, organisés, finalement. Un mois m’avait semblé franchement court aussi. L’envie de partir par moi-même en Allemagne s’est alors imposée. Plus longtemps, peut-être?

Et si on partait en voyage en Europe?

Alors je lui ai dit, à l’homme « Et si on partait en Allemagne? » Pas aussi enthousiaste que je ne l’aurais souhaité le monsieur, j’ai eu droit à un « ça pourrait être le fun, tu pensais à quoi? 2, 3 semaines? ». Je pensais plus à 2-3 mois, mais bon. C’était un début. Il n’était pas contre l’idée de voyager… Intérêt plutôt neutre à vrai dire. Positif à l’idée, mais pas enflammé.

3 mois, c’est bien

Je ne sais par quelle entourloupette j’ai réussi, mais nous avons finalement convenu que 3 mois, c’était bien. Oh, mais tu sais ce qui serait bien aussi? Aller faire un tour à Barcelone, faut tu vois ça! J’aimerais bien passer un peu de temps à Paris aussi, la première fois m’a semblé ridiculement trop courte pour en profiter à ma façon. Mon agent de voyage nous avait déniché des billets vraiment pas chers du tout. Arrivée à Bruxelles, retour de Paris. Bon, bien tant qu’à y être, pourquoi ne pas consacrer les premières semaines à la Belgique. Puis, il y avait cette amie de la famille qui allait se trouver en même temps que nous aux Pays-Bas et qui nous invitait… pourquoi pas? Belgique, Pays-Bas… tant qu’à être dans le coin.

Le problème avec les voyages en Europe (avec les voyages tout court, diront certains), c’est qu’ils sont souvent remplis de « tant qu’à ».

Je rêvais de visiter le Liechstenstein (va savoir pourquoi), et nous avions un contact en Suisse… Bref. Tant qu’à. Ah oui, et l’Allemagne : notre but premier.

L’Europe à petit budget

Nous avions ensuite assisté à une conférence chez feu Tourisme Jeunesse sur l’Europe à petit budget. Conférence que j’allais moi-même donner 3 ans plus tard au même endroit. L’Europe à petit budget… pour être petit, il était petit ce budget! Cette conférence, bien montée et fort utile, nous a permis de nous rendre compte d’une chose : nous n’avions ab-so-lu-ment pas les moyens de ce voyage. Même en privilégiant les auberges de jeunesse. Même en évitant les pays les plus dispendieux. Même en doublant le budget.

Et si on faisait du camping?

C’est là que j’ai dit à l’homme: Et si on faisait du camping? (nous étions à l’époque de piètres campeurs, tristement expérimentés). Pas suffisant, ça rentre toujours pas. Juste en transport, on déborde.

Et si on faisait du pouce?

Et si on faisait du pouce? (Nous étions loin d’être les auto-stoppeurs du siècle). Alors, voilà : là, ça devient possible. Peut-être. En fait, je n’en sais à l’époque, rien de rien.

Il m’est encore difficile de concevoir que j’aie pu penser à ça. Encore plus, le proposer. À l’époque du moins. Et je reste, plus de 10 ans plus tard, encore hébétée que l’homme ait donné son accord. Rappelez-vous : semi-motivé au départ.

3 mois en Europe de l’Ouest

C’est comme ça qu’on s’est retrouvé à quitter pour l’Europe de l’ouest, pour une durée de 3 mois plutôt que semaines, planifiant un régime d’autostop et de camping semi-compétent, avec un budget frisant le ridicule compte tenu de notre manque d’expérience en tout : en auto-stop, en camping, en voyage, en tenue de budget…

C’est aussi comme ça qu’on s’est retrouvés à Hagestein à se dire que finalement, c’était peut-être un peu con.

 

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Éparpillée professionnellement, langagière de métier, géographiquement indépendante, voyageuse et mère X3. Périnatalité, linguistique et voyages teintent mon quotidien.

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