Déstabilisante arrivée à Taïwan

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La dernière fois que je vous écrivais, c’était pour vous raconter notre arrivée et nos débuts à Jomtien. J’ai bien l’intention de vous en reparler de Jomtien, mais pour le moment, le temps a continué de filer et nous voilà arrivés à Taïwan.

J’aurais aimé vous écrire un billet de louanges, clamant mon excitation et mon adoration de l’endroit avec des «Oh! combien je suis subjuguée par la beauté du pays » et des « C’est le coup de foudre attachez-moi quelqu’un avant que je file demander mon permis de résidence à l’immigration. », mais je n’ai rien de tout cela à vous livrer. Pour le moment, du moins.

Notre arrivée à Taïwan s’est déroulée sous le thème de l’aventure et de l’incrompréhension. Simon a vécu la chose avec un grand sourire. Les enfants, bien qu’ils aient eu froid par moments, ont été de parfaits petits voyageurs, acceptant les attentes, les détours et les inconforts passagers. Pour ma part, ça s’est soldé par une humeur fuyante, entre le rire et les larmes, accompagné d’un mal de ventre et de quelques problèmes féminins mal gérés.

Rien de fâcheux n’est arrivé. Rien de résolument négatif non plus. Mais mon petit moral, lui, il n’a pas suivi la parade. Il a oublié d’enfiler son habit de fête qu’on met lors d’un premier rendez-vous.

Et pourtant! Ça fait des mois que l’idée de me rendre à Taïwan m’emballe. Des mois qu’une attirance inexplicable et forte pour ce pays m’y invite. Des mois que j’ai hâte, que j’y pense.

Taïwan

Et ce n’est pas non plus faut d’avoir élevé mes attentes au rang de l’illumination. Je m’attendais à une communication difficile, à un temps gris, j’étais au courant des températures moyennes. Je m’attendais aussi à une arrivée déstabilisante.

Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est ce manque d’énergie vitale pour vivre tout cela comme il se doit.

Ce n’est pas la première fois que je débarque dans un nouveau pays. Et ce sentiment, il y a bien eu d’autres fois où j’aurais pu le vivre. Mais le hasard, la vie, mon cerveau et mon coeur m’ont gardé la surprise pour ici, 13 ans après avoir commencé à voyager.

Je sais que dans quelques jours, mon discours sera tout autre.

Pour le moment, il est décousu, désorienté.

C’est, pour moi, une des beautés du voyage que de ne pas tout voir avec des lunettes roses. De se laisser le droit de ressentir des sentiments négatifs (tant qu’ils restent furtifs, je crois qu’ils sont là pour une raison). De se permettre une mauvaise journée. D’accepter de ne pas être renversée, de ne pas jubiler. De se donner le droit oh! combien tabou de ne pas avoir envie d’être « là » durant un moment, de se laisser prononcer du bout des lèvres « qu’est-ce que je fous là ». J’ai même secrètement pensé, l’instant d’une seconde, à revenir plus tôt. Et si je changeais la date des billets de retour?

Voyons, qu’est-ce que tu fais là, fille? Ça fait même pas 24 heures que t’as les pieds en sol Taïwanais! Tu ne sais encore rien de l’endroit et tu voudrais filer comme ça? Ressaisie-toi!

La journée en soi n’a pas été si pire. Les Taïwanais ne nous ont pas rendu la tâche difficile non plus (au contraire!). Mais c’est comme si, aujourd’hui, là, je n’avais pas l’énergie mentale, vitale, physique, pour vivre cette arrivée-là.

Je vous raconterai en détails lorsque je serai plus dynamique. Et probablement que lorsque je déciderai d’écrire ces lignes, j’en rirai comme d’une bonne vieille anecdote qu’on repasse en boucle pour se remémorer tout ce qu’on a vécu.

En attendant, si vous avez vécu Taïwan, n’hésitez pas à me filer vos petits trucs pour mieux m’y installer!

About Author

Éparpillée professionnellement, langagière de métier, géographiquement indépendante, voyageuse et mère X3. Périnatalité, linguistique et voyages teintent mon quotidien.

9 commentaires

  1. Je ne laisse pas souvent trace de mon passage mais je lis tout ! j’espère que ces prochains jours vont te faire changer d’avis (ou pas) mais j’ai hâte d’en savoir plus sur Taiwan, et tout le reste du voyage évidemment !

    • Merci Kenza,

      Déjà, depuis la rencontre de nos hôtes Airbnb, les choses changent. Mon humeur revient aussi (d’ailleurs, elle était plutôt liée à des causes intrinsèques qu’au pays en soi).

      À suivre! Et merci pour ton petit mot :)

  2. Pingback: Arrivée à Taïwan ⋆ La Grande Déroute

  3. Rire peut-être pas mais sourire oui, ça viendra. Bon moi je souris avec le rouge aux joues, un peu honteuse de mon négativisme supreme lors de mon premier jour à Tokyo.
    L’avantage, c’est que tu n’oublieras probablement jamais cette 1ere journée à Taïwan !
    Tiphanya a récemment publié… Dans ma bibliothèque #7

    • Tu vois, j’en ris déjà!

      Mon humeur n’était pas tributaire des lieux, des gens ni même de la température. C’était vraiment «en-dedans» (le tout, additionné d’une bonne dose hormonale mensuelle avec mauvais timing). Je pense que je me serais sentie comme de la bouette, peu importe le lieu! Mais voilà, c’est passé et je suis en amour avec Taïwan, un petit coup de coeur bien senti, déjà!

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